Le fauteuil roule à l’innovation

Le fauteuil roule à l’innovation

Comme dans un fauteuil

fauteuildhierEn Chine, 525 av. J.-C, apparait sur une gravure le premier fauteuil roulant. En 1783, John Dawson de Bath en Angleterre, invente une chaise roulante nommée Bath, sa ville d’origine. Mais le confort était un peu primitif. Au fil du temps, il s’améliore.

Softwheel, une entreprise israélienne a mis au point une roue antichoc qui améliore à la fois le confort et les performances. Cette roue utilise trois cylindres de compression qui absorbent les chocs avant qu’ils ne soient transférés au conducteur. Concrètement, cela signifie que les utilisateurs peuvent traverser des escaliers et des trottoirs presque aussi facilement que glisser le long d’une rampe.

Le fauteuil est dans l’escalier

Les fauteuils deviennent plus performants. Ils montent les escaliers.

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Des étudiants de l’Institut fédéral suisse de technologie de Zurich ont créé un fauteuil roulant permettant aux personnes à mobilité réduite de monter et descendre les escaliers. Ce fauteuil roulant a deux grandes roues et une chenille en caoutchouc. Un système Segway équilibre les roues principales. Pour la montée d’escaliers, la chenille prend le relais.

Une affaire qui tient la rampe

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Lors d’un concours jeune talent, Florian Jarrot a conçu OKI », une rampe d’accès portable qui permet de franchir des petites marches (de 5 à 7 cm de hauteur). L’objet pourrait se commercialiser au prix de 60 euros. Cet objet permettra aux personnes handicapées de ne plus patienter sous la pluie en attendant deux morceaux de bois soient installés.

Les fauteuils connectés

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L’institut Fraunhofer et le fabricant de technologie médicale Otto Bock ont conçu un fauteuil roulant connecté. Leur mobile est relié par Bluetooth au système de commande du fauteuil. Le dispositif évalue l’état du fauteuil. Les personnes handicapées entrent leur parcours et ils savent si la batterie tiendra le choc. Les utilisateurs ont accès à des itinéraires accessibles en fauteuil.

stefanAtteint d’une sclérose latérale amyotrophique, le physicien Stephen Hawking teste la Connected Wheelchair un fauteuil roulant connecté capable de se déplacer de manière autonome. Des capteurs embarqués et des outils de géolocalisation permettent de reconnaître les trajets, d’anticiper les obstacles.
Les chercheurs de l’université Wake Forest, en Caroline du Nord, ont également mis au point une application qui collecte des données sur les lieux visités par l’utilisateur. Ces informations favorisent les déplacements ultérieurs.
Cerise sur le gâteau, des capteurs intégrés enregistrent la température, les battements du cœur et la tension de la personne. Les informations sont transmises au médecin.

 

 

L’adaptation aux handicaps

La langue aux commandes

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L’institut de technologie de Géorgie propose de télécommander le fauteuil avec la langue. Baptisé « Tongue Drive System », ce dispositif est installé dans la bouche de la personne handicapée : une série de capteurs magnétiques sont disposés sur les dents du handicapé moteur, tandis qu’un autre capteur magnétique est placé sur sa langue, qui agit alors comme un joystick : un mouvement de la langue à droite active les senseurs de droite, qui envoient les informations à un iPhone, glissé dans l’un des bras du fauteuil roulant électrique.

La pensée aux manettes

penseeeeDes étudiants d’Esme Sudria ont réalisé Neuromov un fauteuil commandé par la pensée. Les ondes cérébrales sont captées par un casque casque EEG (pour électro-encéphalogramme) et transmises aux systèmes de commande du fauteuil.

 

 

 

Des handicapés debout

Les handicapés debout pourront bientôt faire les 100 pas en fauteuil.

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Le Marioway s’inspire du Segway pour proposer un fauteuil qui met l’utilisateur en posture debout. Cette ergonomie bénéficie à l’ensemble du squelette et des fonctions corporelles (moindre compression du diaphragme, meilleure circulation sanguine, etc.). Comme l’utilisateur n’utilise pas les mains ou les bras pour manœuvrer le Marioway, la capacité de mobilité est accrue.
L’engin est personnalisable en fonction du handicap et surtout de la morphologie de l’utilisateur : asymétries éventuelles des membres, taille de l’humérus et du tibia, poids et capacité de maintien, etc.

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Dans le même esprit, on trouve le Nino robotics créé par Pierre Bardina paraplégique suite à un grave accident de plongée sous-marine.
Conçu, désigné, fabriqué et assemblé en France (Lit et Mixe, Landes), Nino utilise aussi le principe du gyropode. On se penche vers l’avant pour avancer, vers l’arrière pour ralentir ou freiner, et utiliser le guidon pour tourner. Tout cela sur la plupart des revêtements, sable, neige et terre inclus et dans les pentes jusqu’à 20 %.

exmovereExmovere propose un véhicule qui permet aux personnes amputées de se tenir et déplacer debout.

 

Promenons-nous dans les bois

La société suédoise Zoomability a mis au point un fauteuil électrique tout terrain.

Un fauteuil-poussette

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Quand elle avait 5 ans, Sharina Jones a reçu une balle et perd l’usage de ses jambes. 30 ans plus tard, alors qu’elle attend son premier enfant, elle est mise en relation avec Alden Kain. Ce lycéen de Détroit conçoit un fauteuil avec siège-bébé intégré !

 

Un jean pour fauteuil

Heidi McKenzie, une jeune paraplégique américaine paraplégique a créé une gamme de jeans spécialement conçue pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant. Poches inaccessibles (devant) ou inutiles (à l’arrière), ceintures non élastiques, coupes trop courtes, les traditionnels étant peu adaptés.
Les poches sont sur les genoux, la ceinture est adaptable, des poignets ont été rajoutés pour aider à s’habiller et un accès médical pour les cathéters a été inséré au niveau du zip.

Des parcours en open source

L’association Tiriad et la Cantine numérique ont développé une carte de la mobilité en open source. Les Brestois identifient les équipements qui permettent aux personnes en fauteuil de se déplacer. Ils repèrent par exemple, les passages piétons sur lesquels le trottoir a été abaissé pour permettre aux fauteuils de circuler ou encore les itinéraires suivis par une piste cyclable.
Les données sont mises en ligne sur OpenStreetMap, un wiki de données géographiques similaire à Google Maps.

 

Le fauteuil embarque

Sortir du fauteuil, s’installer au volant, plier le fauteuil, le ranger… Et si on supprimait ces moments pénibles.

scooter
Éric Pommier a inventé un scooter qui peut rouler sans avoir à quitter son fauteuil roulant. Ce scooter à trois roues comprend une plateforme assez large pour accueillir le fauteuil. Les portes se transforment en rampe d’accès. Le moteur allumé, un système hydraulique surélève l’engin d’une vingtaine de centimètres.

kangoroo
Kangaroo est une voiture électrique qui accueille en son sein un fauteuil roulant manuel ou électrique. Par une rampe inclinée, le conducteur pénètre par l’arrière du véhicule, largement béant, et vient se placer devant le poste de conduite sans avoir à opérer de transfert. Un système de verrouillage fixe le fauteuil au sol.

Mon fauteuil dans ta voiture

Charlotte de Vilmorin a créé Wheeliz, un service de location de véhicules adaptés entre particuliers. Le propriétaire d’une voiture aménagée loue son véhicule à une autre personne en fauteuil. Le service permet de gérer la pénurie et le prix excessif d’un véhicule aménagé chez les loueurs traditionnels.

Trop robot

Trop robot

Les robots deviennent des coachs pour seniors. Dans une maison de retraite d’Issy-les-Moulineaux, Zora (modèle de robot Nao) travaille au côté de la psychomotricienne. Elle montre des exercices d’étirement et de tai-chi pour réveiller les articulations endormies et anime le jeu du « Qui suis-je ? » pour stimuler la mémoire.

« C’est un petit réconfort. Le robot anime les lieux et casse un peu le quotidien. Il ne remplace pas l’humain, mais au lieu d’être seules, endormies devant la télé, les personnes âgées peuvent lui parler… C’est mieux que de parler à un mur», explique Fabrice Goffin, cofondateur de Zora Robotics.
Immersive-Robotics-Waldo
Immersive Robotics propose un robot assistant associé un casque de réalité virtuelle de façon à ce que les proches ou les aides-soignants contrôlent l’humanoïde à distance.

Le design senior

Le design senior

Pour répondre aux besoins des seniors, les villes et les objets sont repensés.

Le cabinet strasbourgeois Denovo fait de l’adaptation de l’environnement aux seniors sa spécialité. Ils ont créé à Eindhoven (Pays-Bas) un parcours santé ludique adapté aux seniors.  Le projet nommé Kwiek détourne le mobilier urbain en opportunités sportives. Le principe repose sur de simples plaques à fixer au sol avec un picto explicatif du mouvement à faire. Devant un banc, un poteau, une simple bordure… le promeneur peut s’arrêter et suivre l’exercice. Le designer, Manuel Wiffels a co-designé avec des seniors afin de bien correspondre à leurs besoins en termes d’activité, mais aussi d’image. Un des principaux défis étant le graphisme des pictos, qui se doit d’être bien lisible, mais surtout pas vieillot !

KWIEK_beweegroute_7034m_W_Denovo12
Motorolo-digiM_plain_DenovoDesign071-940x552Dans cette logique, Denovo a conçu la canne Tango, une cane qui tient debout ou encore un déambulateur de plage Strand Rollator.

Denevo considère que si les produits de la Silver Economie correspondent aux besoins spécifiques d’une population en perte d’autonomie, ils ne répondent pas pour autant à leurs envies. Les produits pour les seniors ressemblent trop souvent à des produits médicaux « associant le vieillissement à un handicap ».

 L’éternité mise en doute

 L’éternité mise en doute

Le biologiste Jacques Testart est dubitatif. Il pense que les transhumanismes ne voient que la face positive de la démarche et oublient qu’il y a toujours dans le même temps des aspects négatifs :

« Nous avons été capables de construire d’énormes barrages et des centrales nucléaires, de multiplier le rendement des cultures, de nous déplacer à des vitesses incroyables, d’inventer des molécules surpuissantes, de tripler l’espérance de vie… Dans le même temps, nous avons inventé ou aggravé les inondations, la dissémination radioactive, la disparition des abeilles, les accidents de transport, les maladies chroniques et neurodégénératives, etc. Il semble plus difficile de maîtriser les effets de chaque innovation que d’en inventer toujours de nouvelles.

Or, les transhumanistes nous promettent des bouleversements complets qui concernent nos corps, leurs relations entre eux et leurs relations au monde. Et ces propositions exaltent l’exploit en ignorant la complexité et l’aléatoire.

De quels drames seront payés les bouleversements transhumains ? Ceux qui les proposent ne s’intéressent pas à la précaution, mais seulement à la performance. »

Tests de la mort

Tests de la mort

Combien de temps allez-vous vivre ? Les chercheurs vont bientôt vous le dire

La société espagnole Life Length commercialise en Grande-Bretagne un test ADN capable d’estimer votre espérance de vie. Pour 500 euros, il analyse la longueur des télomères.

Des chercheurs estoniens ont étudié, à l’aide d’images par résonance magnétique nucléaire (IRMN), 106 biomarqueurs présents dans notre sang. Ils ont découvert qu’ils évoluent lorsque le corps connaît un dérèglement. Ils ont suivi 9.842 patients et scruté en détail les biomarqueurs de ceux qui étaient décédés. Les disparus présentaient une concentration anormalement élevée de quatre biomarqueurs.

Une équipe finlandaise a mené les mêmes travaux sur 7.503 patients et est arrivée à des conclusions identiques. Les auteurs de l’étude affirment que, dans le futur, ce test aidera à déceler une fragilité chez des personnes ne présentant aucun symptôme.

 Cure de jouvence cellulaire

 Cure de jouvence cellulaire

Les chercheurs s’attaquent à l’arrêt de la division cellulaire, cause de notre vieillissement.

Comme les cellules ne divisent plus après 60 bonnes et loyales divisions, l’idée des chercheurs est de faire une cure de jouvence à ces cellules sénescentes en les reprogrammant en cellules pluripotentes.

Les cellules pluripotentes (plusieurs possibilités) sont les cellules de base de l’organisme. Elles sont analogues aux cellules souches naturellement générées lors de la phase embryonnaire. Elles présentent tout à la fois la capacité à se dupliquer très vite, ainsi que l’aptitude à devenir n’importe quelle cellule spécialisée de l’organisme (peau, cheveux, os…). Elles se distinguent des cellules unipotentes qui sont spécialisées dans une fonction.
Pour cette reprogrammation cellulaire, la course est lancée.

Les généticiens japonais Kazutoshi Takahashi et Shinya Yamanaka ont réussi en 2006 cet exploit en reprogrammant des cellules spécialisées, en l’occurrence celles de la peau. Des chercheurs français, de l’Institut de génomique fonctionnelle à Montpellier, ont eux aussi réussi à reprogrammer in vitro ces cellules fatiguées.

Ces travaux laissent entrevoir la possibilité de guérir des patients âgés, en régénérant leurs tissus malades à l’aide de cellules prélevées sur leur propre organisme.

Une équipe japonaise de l’Institut Riken dirigée par Masayo Takahashi a réalisé en septembre 2014 une première intervention chirurgicale d’implantation sur l’homme de cellules créées à partir de cellules reprogrammées appelées pluripotentes. L’intervention a consisté à implanter dans l’œil d’une patiente, une femme de 70 ans, un film de cellules pluripotentes issues de cellules adultes de la peau du bras de cette personne. L’objectif est de traiter une des formes de la maladie oculaire appelée dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), qui est la première cause de cécité des plus de 55 ans dans les pays industrialisés.

Si le processus est lancé, il faut que l’eau coule sous les ponts pour passer de l’éprouvette à l’application humaine.

 Bricolage génétique
L’autre voie pour le rajeunissement est de s’attaquer aux gènes.

Les chercheurs ont repéré le gène qui influe sur la longueur de la mèche protectrice des chromosomes (ou télomère). Il produit une enzyme, la télomérase qui ralentit le raccourcissement des fameux télomères. Une insuffisance de télomérase chez les patients porteurs de mutations géniques conduit à une diminution de la longévité. L’idée logique est donc d’augmenter la fabrication de télomérase en dopant ce gène nommé « gène de la longévité ».

Le principe est posé, les chercheurs travaillent pour l’instant sur des vers.

Ceux du Buck Institute for Research on Aging basé en Californie ont effectué des mutations génétiques sur le Caenorhabditis elegans, une espèce de ver. Les résultats sont concluants. Sa durée de vie a considérablement augmenté.

 L’arrêt de travail cellulaire

 L’arrêt de travail cellulaire

Les cellules font la grève de la division et nous vieillissons

L’aventure humaine commence par la création d’une cellule qui comprend un noyau. Cette cellule initiale se divise une série de fois avant de se spécialiser pour former différentes parties de notre corps. Elles vont ensuite s’amalgamer pour créer des tissus qui deviendront un foie, des os, des cheveux…
Le principe de création de notre corps étant la division cellulaire, le processus ne s’arrête pas. Tout au long de notre vie, les cellules se divisent et remplacent les cellules mortes. Mais, le système qui permet à l’organisme de rester en état a ses limites.

Certaines cellules (les cellules souches) se divisent de manière illimitée. Elles entretiennent ainsi notre peau, renouvellent nos cellules sanguines et intestinales (de l’ordre de 100 milliards chaque jour). D’autres se divisent un certain nombre de fois avant de montrer des signes de sénescence.

En 1965, Leonard Hayflick  montre qu’elles cessent de se multiplier, et meurent, après environ 60 divisions. Cet arrêt du travail cellulaire provoque une lente dégradation des fonctions de l’organisme.
Les chercheurs ont bien entendu recherché le coupable. Le biologiste russe Alekseï Olovnikov l’a trouvé en 1971 : la fin de la division est due au processus de raccourcissement des télomères.
Les télomères sont des petits capuchons protégeant l’extrémité des chromosomes qui portent l’ADN. Leur taille diminue en même temps que leur effet protecteur. Cela fonctionne comme pour une mèche de bougie. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau est coupé par une enzyme.