Espace réservé à la sieste dans les entreprises.

Divans, hamacs, fauteuils relaxant… La siestéria est aménagé avec des objets permettant aux collaborateurs de rejoindre les bras de Morphée.

Lumière, musique… Tout est étudié pour que ce repos soit aussi réparateur que court.

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Oui

On dort en moyenne sept heures par nuit, soit deux heures de moins qu’il y a 100  ans. Selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, nous sommes de plus en plus nombreux à cumuler une dette de sommeil en dormant moins de 6 heures par nuit. Cette quantité de sommeil est source de diverses pathologies comme l’obésité, le diabète, l’hypertension, la dépression. Elle est aussi à l’origine d’accidents.

Avec l’exercice physique et la nutrition, un bon sommeil est le troisième pilier d’une bonne santé. La sieste est donc un outil de santé publique. Des pays l’ont compris. En Chine, le droit au « xiu-xiu » ou « sieste » est inscrit dans la Constitution. Au Japon, la sieste est une institution. En Australie et en Nouvelle-Zélande, la « gestion du risque fatigue » est prise en compte.

Non

La sieste n’a pas encore bonne presse. Même si on vante sa pratique chez des hommes politiques (Churchill, Obama, Chirac…), des chercheurs (Newton et Archimède étaient en pleine sieste quand ils ont fait leurs grandes découvertes, Einstein et Edison étaient des adeptes…), des artistes (elle était source d’inspiration pour Dali)…, elle n’a guère sa place dans les entreprises. On préfère résoudre le problème de fatigue en installant une machine à café supplémentaire.

Installer des espaces et rendre visible cette pratique aujourd’hui existante mais cachés va stigmatiser ses adeptes qui seront considérés comme des fainéants voire des tire-au-flanc.

demain

Des entreprises à la sieste

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« La sieste est une courtoisie que nous faisons à notre corps exténué par le rythme brutal de la ville » explique l’écrivain Dany Laferrière. Des entreprises commencent à avoir cette politesse.

  • Renault a mis en place une salle de repos sur le site tertiaire du Plessis-Robinson. La responsable de projet, Sophie Benchetrit, justifie l’affaire à grand renfort de propos alarmistes : « La fatigue a des conséquences sur le salarié mais également sur l’entreprise. Il y a des risques d’accident du travail ou de trajet, mais aussi un impact sur le moral, la motivation, le stress et, in fine, sur la performance. Or la récupération est un facteur clé de préservation du capital santé, qui est un sujet évident dans l’entreprise ».
  • Léa Nature (450 salariés), http://www.leanature.com/ installée à Périgny dans la banlieue de la Rochelle, a créé un espace dédié à la sieste. Dans une salle zen, on trouve des transats et des matelas. Une atmosphère tamisée et une lumière douce favorisent le repos.
  • Anthony Martin-Bleton, le PDG de Novius, http://www.novius.com/ une agence lyonnaise de création de sites web, a créé une salle de sieste. Dans une pièce aveugle, poufs et lumière tamisée accueillent les salariés de l’agence.
  • A Neuilly-sur-Seine, l’entreprise de conseil et d’audit Pwc (Pricewaterhouse) s’est également laissée séduire. Elle a créé une pièce baptisée « PwCool ».
  • Le siège de Google, offre à ses salariés une salle de relaxation avec des sièges massants.
  • Arianna Huffington, la propriétaire du journal en ligne The Huffington Post, a mis des bulles de sieste à la disposition de ses journalistes.
  • ColorInside propose un configurateur en ligne de salle de sieste : avec des poufs, des fauteuils de massage, des appareils de projection de couleurs.

Si dans votre entreprise, vous faites aussi la sieste, contactez-nous afin que nous complétions la liste des entreprises où il fait bon dormir.

La sieste-bureau

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La designeuse française Marie-Virginie Berbet a conçu CalmSpace, une capsule de sommeil qui se pose au milieu de l’espace de travail. Elle permet d’avoir une bulle de tranquillité au milieu d’un monde d’agitation. La capsule aide son utilisateur à se déconnecter et s’endormir rapidement. Puis à se réveiller tout en douceur, grâce à des lumières bleues stimulantes qui bloquent la sécrétion de la fameuse hormone du sommeil, la mélatonine.

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Le studio de design grec NL a imaginé un bureau qui cache en dessous un coin confortable pour faire un petit somme.

La sieste-trottoir

Plutôt que de descendre fumer une cigarette, profitez de votre pause pour faire une sieste éclair sur le trottoir ! 

C’est ce que proposait la marque Breathe Right aux employés de bureaux dans les centres-ville de Montréal, Ottawa et Toronto l’an dernier, au cours d’une opération de communication. La marque spécialiste de l’aide au sommeil avait disposé des dizaines de mini-capsules sur les trottoirs, aux pieds des grandes tours de bureaux au Canada.

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Google Naps (avec un N comme « Non-je-ne-dormirai-pas-sur-mon-bureau ») a été créé par un groupe de développeurs néerlandais amoureux de la sieste éclair. Le site géolocalise les endroits les plus agréables du monde pour se reposer quelques minutes et s’endormir au calme. Tous ces endroits sont recensés par les utilisateurs de Google Naps.

Des bars à sieste

Pas de siesteria dans votre entreprise, un petit tour au bar… à siestes s’impose.

Dans le quartier européen de Bruxelles, on peut faire une sieste entre deux réunions à Pauzz. Ce bar à sieste est composé de six loges individuelles. A l’intérieur, on y trouve des appareils de massage ou des fauteuils de relaxation. Le bar dispose d’un lit hydrojet, d’un lit shiatsu pour un massage un peu plus tonique et d’un siège massant équipé d’une centaine d’airbags. Il y a aussi des fauteuils où les gens peuvent venir s’allonger en profitant d’une séance de luminothérapie.

Christophe Chanhsavang a créé en 2011 le « bar à sieste » ZZZen,  à Paris, dans le quartier de l’Opéra.

La sieste à l’étude

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Longtemps victime de préjugés dans une société qui valorise le travail, la sieste suscite pourtant l’intérêt de nombreux chercheurs pour ses multiples vertus chez l’adulte. Au-delà des troubles du sommeil, on s’interroge sur ses effets sur la vigilance, l’immunité, l’hypertension, la mémoire, etc.

Une équipe de chercheurs menée par Brice Faraut au Centre du sommeil et de la vigilance a analysé la salive et l’urine après une privation de sommeil la nuit, suivie ou non d’une sieste. Ils ont constaté que après une nuit de sommeil limitée, les sujets ont vu leurs niveaux de norépinéphrine (ou noradrénaline, hormone et neurotransmetteur, libérée par le système nerveux orthosympathique) multipliés par 2,5, mais après une sieste de 30 minutes, ces niveaux ont été normalisés. Ces résultats montre que la sieste permet de dissoudre le stress.

Brice Faraut et ses collègues ont observé que le manque de sommeil chez des sujets en bonne santé augmentait également la sensibilité à la douleur, mais qu’à la suite d’une sieste de 30 minutes, cette hypersensibilité n’avait plus d’effet.

Le docteur Manolis Kallistratos a effectué des recherches sur les effets de la sieste sur la tension artérielle. Il constate que les patients qui dorment pendant 30 minutes présentent en moyenne une réduction de 2 mmHg de la pression artérielle systolique mesurée sur 24 heures. Selon le cardiologue, cette réduction entraine une diminution de 10 % du risque relatif aux accidents cardio-vasculaires. Il conclut qu’une

pratique régulière de la sieste permettrait de diminuer les posologies des antihypertenseurs.