Allo ! Maman, robot !

Allo ! Maman, robot !

Demain, les robots nous opéreront, aideront à traiter des pathologies, nous apprendront à marcher, assisteront les malades… Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Après une présentation de quelques futurs auxiliaires de soin, la discussion est ouverte.

Au pays des robots santé

Des robots en salle d’op

Le robot Da Vinci, de la société américaine Intuitive Surgical équipe déjà environ 2000 services médicaux à travers le monde. En France, il aide les chirurgiens du CHU de St Étienne ou à l’Institut Gustave Roussy.

Ce robot est piloté par des médecins. Grâce à ses bras télécommandés, il permet d’aller plus facilement à certains endroits du corps. Il permet de réaliser des incisions plus précises et moins importantes ce qui occasionne moins de douleurs pour le patient et moins de risques d’infections.

Le robot français Rosa n’opère pas directement, mais positionne des guides au niveau du crâne pour les opérations du cerveau.
Des chercheurs à Zurich conçoivent des robots microscopiques qui peuvent s’introduire dans le corps et pratiquer de petites opérations à l’aide d’une aiguille mesurant à peine un quart de millimètre. La technologie en est encore à ses balbutiements. Des expérimentations ont été menées en utilisant des robots pour explorer l’œil.

Des nanorobots diffuseur de médicaments

Des nanorobots pourraient bientôt servir à cibler la diffusion de médicament en amenant le traitement médical dans l’organe malade. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent dans ce sens.

Des chercheurs de l’université de Californie à San Diego (États-Unis) ont réussi une grande première en envoyant un nanorobot délivrer des médicaments dans un organisme vivant, en l’occurrence une souris. L’engin, qui mesure 20 micromètres de long et 5 micromètres de diamètre, était propulsé par des bulles de gaz produites par le contenu de l’estomac du rongeur

Une équipe de chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich et du Technion développe un nanorobot-nageur guidé à l’aide d’un champ magnétique. Il sera injecté dans le circuit sanguin et naviguera dans le sens.

Des chercheurs de l’Institut Weizmann à Rehovot, en Israël, viennent de créer des nanorobots capables de contrôler le fonctionnement des gènes de bactéries.

Des robots pour s’exercer

robots médecine

La faculté de médecine de Paris Descartes a fait entrer la robotique dans ses apprentissages. Les étudiants s’entrainent sur des robots. Les professeurs télécommandent les mannequins en faisant varier les symptômes. Cette pratique d’apprentissage est déjà courante aux États-Unis, mais c’est encore une première en France. Le principal frein à sa mise en place est le coût des robots variant entre 60 000 et 300 000 euros

Des robots pour enfants autistes

Pour soimilo-5-200x300gner les autistes et améliorer leurs interactions avec le monde extérieur, des robots humanoïdes comme Milo ou non comme Leka sont proposés.

Le robot sphérique Leka est conçu pour motiver les enfants exceptionnels (autistes, par exemple) à faire des activités et à interagir avec leurs parents et éducateurs.

Milo s’adresse principalement aux hôpitaux et centres de soins. Son but est de stimuler sensoriellement les enfants, les aider à sortir de leurs bulles.

Des robots pour la maladie d’Alzheimer

Les robots de compagnie assurent une présence. Ils ont différentes apparences : ils affichent sur un écran l’image d’une personne de l’entourage ou d’êtres virtuels. On trouve aussi des robots-peluche comme le phoque Paro.

Ces robots ont été introduits dans des unités de soin comme au Gérothontpôle de Grenoble. Pour Catherine Thomas-Antérion, c’est quasiment la seule intervention non médicamenteuse qui donne des résultats tangibles dans la maladie d’Alzheimer. Dans une étude menée en Nouvelle-Zélande par l’équipe du professeur Haylay Robinson, la comparaison entre un vrai chien et le robot-phoque Paro a montré que les deux interventions étaient bénéfiques pour les quarante résidents.

Des robots infirmiers

2209286_pic_970x641   Au Japon, le projet Human Support Robot, initié par Toyota a pour objectif la conception des robots qui aideront les personnes âgées à vivre chez elles plus longtemps. Le gouvernement japonais souhaite ouvrir 10 centres de recherche et de développement en robotique d’assistance à travers le pays.

Ces robots de soins infirmiers seraient destinés à aider les personnes âgées qui vivent à leur domicile et à soulager les aidants et les soignants, par exemple en aidants les personnes âgées à se mouvoir, ou en les assistant dans différentes tâches (aide à la toilette…).

 

Faut-il ou pas miser sur les robots pour la santé demain ?

Oui

Les robots présentent de nombreux atouts :

  • Ils aident les chirurgiens à faire des incisions plus petites, qui favoriseront une guérison rapide.
  • Les microrobots en assurant une diffusion locale du traitement vont éviter les effets dévastateurs de certaines chimiothérapies.
  • Ils vont permettre à des personnes âgées de vivre plus longtemps chez eux.

Non

Les robots ont aussi leurs limites.

Comme tout système informatisé, ils peuvent être l’objet de cyberattaques. On imagine les dégâts lorsque ces attaques interviennent alors que les robots opèrent ou circulent dans notre corps. Des chercheurs de l’université de Washington à Seattle ont mené une expérience relatée dans la revue du Massachussets Institute Technology (MIT) qui montre que le piratage du bistouri peut être une cruelle réalité.

Dans les maladies dégénératives ou les soins à domicile, ces liens machinaux peuvent supplanter les liens humains considérés comme non essentiels.

Du côté patient, il y a aussi un risque important de confondre les robots avec des êtres vivants. Plusieurs études ont montré que l’utilisateur d’un robot peut penser qu’il s’agit bien d’une machine, sans que cela l’empêche d’interagir avec lui comme s’il s’agissait d’un animal, voire d’un être humain.

Si l’avenir que nous réserve le système de santé est de déléguer nos souffrances et nos difficultés à des machines, il y a toutes les chances que nous allions droit dans le mur.

Et vous, qu’est-ce que vous en pensez ?

Détection de rechute

Détection de rechute

Au Mans, un oncologue de la Clinique Victor Hugo et chercheur au CNRS, a mis au point, avec un physicien de l’université de Rouen, une application capable de détecter les rechutes de cancer du poumon.

De février à août 2013, 42 patients atteints de cancer bronchique et ayant accès à internet ont utilisé une application pour renseigner chaque semaine une dizaine de symptômes: variation de poids, douleur, apparition de nodules, fatigue, perte d’appétit, essoufflement, présence de sang dans les crachats, etc.

Ces données étaient analysées par un logiciel, qui alertait le médecin s’il détectait une anomalie. L’algorithme utilisé prend en compte la durée des symptômes, leur évolution et leur association dynamique. Ainsi, « quand le patient se met à tousser, perd trois kilos avec du sang dans les crachats, on est quasiment certain qu’il y a rechute », explique le Dr Fabrice Denis, oncologue à la clinique Victor Hugo et concepteur de l’application.

Lorsqu’il recevait une alerte, le cancérologue convoquait le patient plus tôt que le suivi classique ne le prévoit. « En moyenne, les rechutes ont été détectées six semaines avant la date d’examen d’imagerie prévue », est-t-il écrit dans le Journal of Supportive Care in Cancer.