Tendinose du supra-épineux et travail : comprendre vos droits au quotidien

Un tendon abîmé ne prévient pas. Il s’infiltre dans le quotidien, s’impose dans la routine professionnelle, et transforme chaque mouvement en défi. La tendinose du supra-épineux, chronique, cible l’épaule et bouleverse la vie au travail. Douleur qui ne lâche pas, gestes limités : les tâches les plus banales deviennent des montagnes, surtout quand l’activité réclame force ou répétition.

Savoir où on met les pieds et quels sont ses droits devient alors indispensable. Demander un aménagement de poste, obtenir une reconnaissance d’invalidité, partielle ou totale,, ou solliciter des indemnités en lien avec un accident ou une maladie professionnelle : autant de leviers à activer pour continuer à avancer, sans sacrifier sa santé ni sa dignité.

Comprendre la tendinose du supra-épineux et ses causes

La tendinose du supra-épineux touche l’un des tendons majeurs de la coiffe des rotateurs. Ce groupe de tissus, avec l’humérus, la scapula et la clavicule, compose le socle de la mobilité de l’épaule. Le plus souvent, la douleur s’installe suite à des gestes répétés ou à des efforts trop intenses, provoquant une inflammation qui limite l’amplitude des mouvements.

Cette pathologie se décline de plusieurs façons, toutes liées à la nature et à la gravité de l’atteinte :

  • Tendinopathies aiguës
  • Tendinopathies chroniques
  • Tendinopathies avec rupture partielle
  • Tendinopathies avec rupture transfixiante

Une tendinopathie aiguë apparaît après un choc ou un mouvement brusque. À l’inverse, la forme chronique s’installe insidieusement, à force de petites lésions répétées. Les ruptures, qu’elles soient partielles ou complètes, ajoutent à la douleur une perte de force qui peut clouer l’épaule, rendant certains gestes impossibles.

L’inflammation de l’épaule ne se limite pas au tendon : bursite et tendinite s’invitent souvent au tableau, aggravant la gêne et complexifiant le diagnostic. Sans intervention adaptée, la situation risque de se dégrader jusqu’à altérer durablement la capacité à travailler.

Structure Rôle
Humérus Supporte les mouvements de l’épaule
Scapula Stabilise l’articulation
Clavicule Relie l’épaule au tronc

Dans beaucoup de métiers, notamment ceux qui imposent des gestes répétés ou portés soutenus, la tendinose du supra-épineux est loin d’être une exception.

Impact de la tendinose du supra-épineux sur la vie professionnelle

L’épaule douloureuse, c’est le lot quotidien de nombreux salariés exposés à des cadences élevées et des efforts constants. Agents d’entretien, caissières ou ouvriers sur les lignes de production : le risque est encore plus marqué pour ces professionnels. Les mouvements répétitifs sollicitent en permanence la coiffe des rotateurs, favorisant l’apparition de la tendinose.

Les symptômes se manifestent par des douleurs marquées, une limitation de la mobilité, parfois une perte de force significative. À la longue, cette pathologie peut installer une gêne persistante, voire une véritable incapacité à faire face aux exigences du poste. Certains décrivent l’impression que l’épaule « lâche » sans prévenir, rendant les gestes précis difficiles, voire dangereux.

Les conséquences sur le travail peuvent être multiples :

  • Arrêts temporaires ou arrêts définitifs
  • Baisse de la productivité
  • Réorientation professionnelle parfois inévitable

Pour certains, le handicap s’installe et impose de repenser toute l’organisation du travail, voire de changer complètement de métier. La reconnaissance du lien entre la tendinose et les conditions d’exercice professionnel est donc déterminante pour enclencher une prise en charge adaptée.

Être informé des risques et agir en prévention sont des réflexes à cultiver : pauses régulières, adaptation du poste, matériel ergonomique, formation aux bons gestes. C’est un moyen concret de limiter la casse et d’éviter l’aggravation de la lésion.

tendinose du supra-épineux + travailleurs

Droits des travailleurs atteints de tendinose du supra-épineux

La tendinose du supra-épineux n’est pas prise à la légère par le droit du travail. Un salarié peut faire reconnaître cette pathologie comme maladie professionnelle et activer ainsi une protection spécifique. La loi encadre strictement cette démarche, qui suppose de prouver le lien entre le poste occupé et l’apparition de la tendinose.

Différentes étapes sont à suivre pour faire valoir ses droits :

  • Obtenir un certificat médical attestant du diagnostic
  • Déclarer la maladie auprès de la CPAM et constituer un dossier
  • Transmettre tous les éléments nécessaires au Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) pour instruction

Le tableau 57 de la nomenclature officielle facilite la reconnaissance de la tendinopathie du supra-épineux comme maladie professionnelle. Si la demande est rejetée, un recours auprès d’un avocat spécialisé en responsabilité médicale reste possible.

La prise en charge médicale s’appuie sur plusieurs stratégies, souvent combinées :

  • Repos strict et immobilisation temporaire de l’épaule
  • Séances de rééducation et physiothérapie
  • Injections de corticoïdes pour calmer l’inflammation
  • Chirurgie en cas de rupture sévère du tendon

Un traitement adapté permet d’éviter l’aggravation des symptômes et de retrouver une épaule opérationnelle. En cas de perte de salaire ou de frais engagés, une indemnisation peut être sollicitée afin de compenser l’impact financier de la maladie.

Quand la tendinose du supra-épineux s’invite dans la vie professionnelle, le parcours peut sembler semé de contraintes. Pourtant, la connaissance des démarches, l’appui des dispositifs existants et la vigilance au quotidien ouvrent une voie pour continuer à exercer, différemment, mais sans renoncer à l’essentiel.

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