Nous préparons un hackathon pour co-construire un événement sur la santé demain qui aura lieu le 12 septembre au théâtre de l’Odéon. 800 personnes attendues, une trentaine d’intervenants, le projet est ambitieux !

affiche_odeon2Le hackathon aura lieu le lundi 18 mai à l’OpenMind Kfe à Paris. Pendant cette journée, on listera les questions à se poser pour conjuguer le futur de la santé au mode performant et solidaire. On repérera des intervenants. On réfléchira à des partenariats. On imaginera aussi des moyens de rendre participative cette manifestation. La gageure est importante vu la configuration du théâtre de l’Odéon.

On compte sur vous. Et si vous êtes en relation avec des plus jeunes, faites leur passer le message. On ne peut pas inventer sans eux la santé de demain.

Pour en savoir plus et vous inscrire, c’est par ici.

 

 

Au cours de mon exploration sur la santé demain, j’ai mis dans mon panier quelques réflexions. Je vous les livre brute de fonderie.

Ca explose

En ce moment, on a vraiment l’impression que des millions de cerveaux sont en train de gamberger pour révolutionner la santé.

Cette agitation se traduit par exemple par une avalanche d’applications santé et des montagnes d’objets connectés.

Dans le lot, il y a quelques pépites comme Scanadu. Inspiré du tricorder de Star Trek, ce scanner de poche mesure la température, la fréquence cardiaque, la pression sanguine et quelques autres données en plaçant l’appareil sur son front.

… Mais aussi des bennes de caillasses sans grande valeur. Des millions de développeurs rêvent de faire fortune avec trois conseils pour arrêter de fumer et se bouger les fesses ou avec des bracelets, tee-shirts, montres, casquettes qui comptent les pas avec une fiabilité douteuse.

Ca bouge aussi dans le traitement des données produites. Là le rêve du startuper est de créer une banque de données santé qui regrouperait les données individuelles, celles des médecins, des hopitaux, des laboratoires, du ministère…

Même si peu ont les moyens de leur ambition, le rêve est intéressant. Sa réalisation aidera par exemple à passer d’une médecine curative à une médecine préventive. Au lieu d’aller voir votre toubib quand vous vous tordez de douleur, il repéra vos risques de développer une maladie et proposera des traitements préventifs adaptés. Cela sera d’une autre efficacité que le « Fumer tue » du paquet de cigarette ou l’injonction à se gaver de fruits et légumes.

PUBLISHED by catsmob.com

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 Qui va mettre le feu aux poudres ?

Dans les années 90, Paul Watzlawick, un chercheur de l’école de Palo Alto, définissait deux types de changement.

— Le changement de niveau 1 qui se joue à l’intérieur d’un système. Un élément se modifie sans perturber l’ensemble. C’est le principe du changement de vitesse et du « plus ca change, moins ca change ».

— Le changement de niveau 2 qui marque une discontinuité, une rupture, un saut par rapport au système précédent.

Pour l’instant, si, dans la santé, le changement de niveau 2 est annoncé, il n’est pas encore effectif.

Qu’est-ce qui va le provoquer ? Comment le système de santé va basculer ?

Si je ne suis pas Madame Irma, plusieurs indices montrent qu’il pourrait venir de personnes extérieures au système de santé. Quelques exemples.

  • Avec un peu d’ironie, on peut admirer la qualité des freins à l’innovation dans le système de santé. On le constate par exemple dans la mise en place du dossier personnel informatisé. Il a tout à parier que les experts vont continuer de longues années à faire leurs ablutions au principe de précaution. Pendant ce temps, des start-ups lancent des plateformes comme Patients know best  qui permettent de mettre son dossier médical en ligne. (La vidéo de présentation). Vu l’évolution des rapports à ses données personnelles, il a fort à parier que ces Facebook de la santé vont se généraliser.

 

  • Oussama Amar des Barbares attaquent a fait une conférence sur le thème : « Comment faire une start-up santé ? https://www.youtube.com/watch?v=YAJmHBwq-y8
    Il explique les écueils de celles qui sont créés par les gens venant du sérail. Elles veulent faire sérieux en créant des staffs dignent des grands laboratoires, déposant des brevets, ayant des productions graphiques sinistres. Bref, elles singent les grands et perdent en créativité. Ceux qui ne connaissent pas les règles du milieu ont beaucoup plus d’audace, un élément essentiel pour réussir.

 

  • Une des grandes espérances de cette révolution est d’en finir avec la médecine de mercenaires qui détruit des individus pour les sauver. (Confère les dégâts causés par exemple par la chimiothérapie). L’objectif est de passer à une médecine personnalisée qui proposerait un traitement spécifique à chaque malade en prenant en compte son patrimoine génétique, sa chronobiologie, ses habitudes de vie…

Peut-on réellement envisager que des laboratoires ayant des modèles économiques basés sur des blockbusters (des médicaments dont les ventes annuelles dépassent le milliard de dollars) puissent avoir assez de souplesse pour changer totalement de paradigme ? Je vous laisse le soin de répondre.

Je vous retrouve la semaine prochaine pour vous faire présenter des innovations santé qui m’étonnent et m’inquiètent. Et n’oubliez pas de vous inscrire au hackhaton du 18 mai ?

Futureusement vôtre.