Gènes égoïstes

Gènes égoïstes

2040, les technologies de la génétiques ont progressé. Désormais, tous les parents peuvent programmer le génome de leur bébé. Ils peuvent choisir outre le sexe, toutes les caractéristiques. Mathéo et Leila effectuent cet exercice complexe. De nouveaux problèmes surgissent. Rapidement, on constate que les bébés 100 % bio avaient du bon.

Leila
Eddy ! Je veux un enfant !

Mathéo
Tu veux un enfant – robot ? Je descends t’en acheter un !

Leila
Non ! je veux un enfant naturel sans défauts ?

Mathéo
Mon clone ?

Leila
Non, un enfant qui n’aura pas ton humour pourri.

Mathéo
Tu veux un Génétiquement Modifié. Allez, on remplit tout de suite le questionnaire ! Première question : quel sexe choisissez-vous pour votre bébé ? C’est simple. On veut un garçon.

Leila
Une fille ! J’ai lu dans un magazine que si l’aînée d’une fratrie est une fille, la famille et plus stable.

Mathéo
Ah ouais, bah regarde tes frères ! Tous divorcés, chômeurs, névrosés et ta mère est en dépression ! On aura d’abord un garçon.

Leila
Une fille !

Mathéo
On verra plus tard. Passons à la deuxième question. La couleur des yeux ? Je dirais marron comme moi.

Leila
Bleu. Je voudrais une fille blonde aux yeux bleus-marine, comme mes poupées quand j’étais petite.

Mathéo
Super, on la commande qui chante aussi ? D’accord, pour les yeux bleus-marine à condition que je choisisse le sexe. Quels sont les gènes à risques que vous voulez éliminer ?

Leila
Acariapisose… Alzheimer… Acné… Coche-les toutes ! On veut le meilleur pour Leila !

Mathéo
Hop hop hop ! Cela coûte cher la chirurgie génomique ! Plus cher encore que la chirurgie esthétique. On n’a pas les moyens. Il faut choisir.

Leila
Mets la calvitie. Les filles sont rarement chauves. Au pire, il ya des perruques de cellules souches.

Mathéo
Je vais plutôt cocher la maladie d’Alzeihmer.

Leila
Pourquoi ? Cela se soigne encore mal.

Mathéo
Quand il aura 65 ans, l’âge minimum pour déclarer la maladie, je ne serais plus là.

Leila
Tu es un monstre ! Non, laisse-lui les cancers. Maintenant, ils les guérissent tous.

Mathéo

Attention, quand les assurances verront son test ADN, ils vont lui coller un malus et cela sera pour notre pomme !… La Tourette ! C’est marrant comme maladie ? On lui met ?

Leila
Mathéo arrête, j’en ai assez de tes blagues de dé-gene-ré !

Mathéo
Pour le QI, tu veux celui d’Einstein !

Leila
Pourquoi pas !

Mathéo
Ton fils va te prendre pour une demeurée.

Leila
Tu commences à me chauffer. Tout compte fait, je vais faire un enfant avec un spermatozoïde préfiguré. Cela sera toujours mieux qu’avec toi.

Mathéo
Qu’est-ce que tu fais ?

Leila
Mes valises. Je pars, je te quitte. La petite fille retourne chez sa maman pour chanter avec ses poupées aux yeux bleus-marine.

Mathéo
Leila, Leila ! J’ai une idée. On pourrait faire un bébé, là maintenant ! On aurait un bébé bio, 100 % naturel, élevé au grain qui aurait tous nos défauts !

Leila
D’accord, et je suis que cela sera une fille.

Mathéo
Non, c’est parti pour le garçon.

Leila
Une fille…..

Tous Docteur House !

Tous Docteur House !

Comme tout le monde n’a pas la chance d’avoir un Docteur House à sa disposition, Jared Heyman a créé Crowdmed est un site collaboratif qui met en relation patients et experts médicaux pour trouver le bon diagnostic. Les malades expose leur cas, en détaillant leurs symptômes, leurs antécédents médicaux, familiaux et les résultats de précédents tests et présentent des photos.

Ces documents sont  examinés par les internautes, médecins ou non, qui échangent par tchat avec le patient et avec les autres “Medical detectives”, avant de soumettre leur diagnostic. Ces enquêteurs élisent  le plus pertinent, qui sera transmis au patient. La carotte des Medical Detectives est une somme mise en jeu par le malade attribuée à celui ou ceux qui auront émis le bon diagnostic.

Demain, nous gérerons nos données santé

Demain, nous gérerons nos données santé

Il était une fois demain. Analyses, radios, scaneurs, diagnostics, traitements, données enregistrées par des capteurs portatifs, localisation, déplacements… Toutes ces données sont numérisées et enregistrées dans une banque de données de service public.
Les patients sont propriétaires de leurs données personnelles. Ils accordent des droits de consultation ou d’exploitation aux proches, praticiens et chercheurs de leurs choix. Ils peuvent aussi vendre ces données personnelles à des laboratoires.

Ce scénario est futuriste. Dans de nombreux pays, on peine pour numériser les informations de santé. Par crainte du piratage, d’exploitation abusive des données personnelles, et freins des instances médicales, on met en place des usines à gaz qui interdisent toutes formes de souplesse.

Néanmoins, un nombre croissant d’initiatives publiques et privées cherchent de nouvelles façons de mener des recherches scientifiques en utilisant les médias sociaux. Le Personal Genome Project, ou le réseau PatientsLikeMe proposent aux membres de rendre leurs données partiellement ou totalement publiques.

Ce scénario aurait plusieurs atouts :

Améliorer la connaissance

Aujourd’hui, on connaît peu de choses sur le vécu des personnes qui ont un cancer. Les informations sont enfermées dans des serveurs ou dans des dossiers. Seul les 3 % des patients qui participent à des essais cliniques font avancer la science. Pour les autres maladies,  cette ignorance est identique.

Augmenter l’efficacité des médecins

Les médecins peuvent accéder aux données de leurs patients sur leur tablette. Des logiciels agréés leur permettent de mieux décrypter des radios ou des analyses.

Une étude comparative sur les patients devant être réopérés sept ans après une première opération de la hanche a été effectuée aux États-Unis et en Suède. Elle a constaté qu’aux États-Unis, le nombre était trois fois plus élevé qu’en Suède. Les chirurgiens américains ont révisé leurs pratiques. La numérisation facilite ce type de comparaison, donc d’amélioration.

Diminuer les dépenses de santé

Les patients enregistrent leurs symptômes et leurs informations corporelles. Grâce à toutes ces informations, des algorithmes effectuent un premier diagnostic. De nombreux patients étant rassurés, ils n’ont plus besoin d’aller consulter pour un rhume.
On supprime les examens et analyses inutiles, car effectués par un autre centre de soin.

Développer une géomédecine

On vit plus longtemps dans certains villages de Grèce. On a plus de cancers dans une région. Ces constats collectifs permettent de prendre de meilleures décisions individuelles.

Responsabiliser le patient

Le patient est au centre de son traitement. Il prend en charge sa maladie en fournissant ses informations à sa communauté ou à de nouveaux thérapeutes.

Favoriser le changement de comportement

Les données génétiques indiquent qu’un patient a un risque de développer une dégénérescence maculaire (une sorte de cécité) ainsi qu’un diabète de type 2. Avant que cela arrive, il peut se faire aider par sa communauté pour diminuer sa consommation de bonbons et desserts sucrés.

Éviter les accidents

Chaque année, 8000 décès et 128 000 hospitalisations sont liés à des interactions médicamenteuses. Ces accidents sont imputables, dans de nombreux cas, au manque d’informations sur le profil des patients.

En résumé, ce scénario va permettre aux patients de reprendre le contrôle de leur vie, tout en diminuant les coûts de santé. Il faut juste faire attention que des assureurs ne profitent pas de l’occasion pour proposer des produits qui vont pénaliser ceux qui ont des risques de santé importants.