BENJAMIN PITRAT : Les déviances de la santé connectée

Fin 2013, 30% des téléphones sont des smartphones. Les objets connectés sont des actimètres et des balances connectés. 2015, 60 % des personnes possèdent un smartphone. Les objets connectés peuvent réaliser une EEG ou un bilan sanguin complet à domicile avec une goutte de sang. La santé connectée se construit sur cette révolution technologique.

Cette auto-mesure change notre rapport au corps et à la santé.
Nous ne passons plus une bonne ou mauvaise nuit, mais dormons 7h36 avec 34% de sommeil calme.
Nous ne déjeunons plus entre amis, mais comptons nos calories pour rester en dessous de 2000 par jour.
Nous ne faisons plus du sport pour nous dépenser ou pour le plaisir, mais nous essayons d’atteindre ces fameux 10.000 pas par jour.

Le premier souci est que cette approche manque de rigueur scientifique. L’histoire des 10.000 pas provient d’un podomètre japonais commercialisé au moment des Jeux Olympiques de Tokyo (1964). La compagnie l’a nommé « man-po-kei » : (« man » dix mille, « po» pas, «kei» mètre).

Souhaite t-on transférer à la machine la responsabilité de notre santé ? Ne risque t-on pas de nous transformer en pré-malade ? Nous ne serons plus soit en bonne santé soit malades mais dans une un entre-deux permanent.

DEMAIN, NOTRE CORPS SERA EN PERMANENCE SOUS SURVEILLANCE