Docteur, je fais une overdose de connexion !

Docteur, je fais une overdose de connexion !

Téléphone, tablette, ordinateur… Nous jonglons avec les écrans pour lire nos mails, visiter nos réseaux sociaux, rechercher des informations, suivre l’actualité, jouer… Les sollicitations sont si nombreuses que nous sommes tous de plus en plus connectés. Cette hyper connexion provoque des addictions qui se traduisent par de nouvelles anxiétés, obsessions, phobies… Comme le disait Paul Virilio : « L’invention du navire est aussi l’invention du naufrage ».

Dans un avenir proche, le Ministère de la Santé devra sans doute prendre en charge cette boulimie informationnelle. On aura peut-être alors des campagnes du style : « L’abus de vidéos insipides tue… Consommer du virtuel avec modération. Un like, on aime. 10 likes, on se déteste… »

Pour prendre de l’avance, explorons ces pathologies.

maladiesdufutur.002Coudinite

Tendinite du cou due à des mouvements répétés de consultation d’écrans.

Selon une enquête Deloitte sur les usages des mobiles, nous sommes 28 % à consulter notre smartphone jusqu’à 25 fois par jour, la moitié des 18-24 ans s’en inquiète quotidiennement 50 fois, et 6 % poussent l’addiction jusqu’à regarder leur portable plus de 200 fois par jour. À chaque coup d’œil, le cou et les épaules sont mis à contribution : la tête humaine pèse entre 4,5 et 5,5 kg, et il n’est pas naturel de la maintenir penchée en avant de façon prolongée !

Zombiquisme

Syndrome des individus présents physiquement et absents mentalement.

L’individu atteint de zombiquisme présente une schizophrénie existentielle. Il est dans l’incapacité à communiquer avec les personnes présentes dans une pièce. Ne pouvant échanger qu’avec celles qui sont à distance, il ressemble à un zombie.

Trodelilke

Crainte existentielle d’être dédaigné sur les réseaux sociaux.

La likite est une pathologie du chiffre. L’usager des réseaux publie pour que ses contenus soient likés, twittés, instagramisés, partagés, commentés. Il vibre au nombre de favoris, partages et retweets… Si leur nombre est trop faible, il est habité par un sentiment de rejet et souffre d’une solitude morbide. Il peut alors sombrer dans la dépression.

Plubellisme

Schizophrénie liée à un embellissement de sa vie sur les réseaux sociaux.

Cette psychose résulte de la mise en scène de sa vie sur les sites sociaux. L’internaute arrange son existence être reconnu par la communauté. À force de gommer ce qui est a priori moins reluisant, il finit par disparaître. Quand il se retrouve face à ses médiocrités existentielles, il ne peut plus composer avec elles.

Loghoclicque

Trouble lié à un partage frénétique de contenus

Le loghoclique est une forme de logorrhée. La personne parle en partageant en flux continu toutes sortes de contenus depuis plusieurs comptes. Ces excès provoquent un rejet de la part des communautés qui mettent le bavard sur liste noire. N’ayant plus de public, l’agité du clavier sombre dans un silence dépressif.

Décérobrite

Perte d’intelligence due à une consommation abusive d’informations insignifiantes.

L’usager des réseaux sociaux a une tendance à avoir une boulimie de contenus. Il consomme à longueur de journée des infos insignifiantes, médiocres, sans intérêt. Cette absence d’hygiène mentale fait que son cerveau est mal irrigué. Cette dégradation s’accompagne d’une conséquente augmentation de la stupidité et de la bêtise.

 

Claustorisation

Repli sur soi lié à la crainte de manquer des informations sur les réseaux sociaux.

La claustorisation vient de l’avalanche permanente d’informations. L’internaute a l’impression qu’il va manquer quelque chose d’essentiel s’il se déconnecte. Sa vie sociale est hachée, car il est happé en permanence par le réseau. La déconnexion, aussi brève soit-elle, produit un stress intense.

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Nomophobie

Peur de ne pas pouvoir utiliser son mobile.

La nomophobie vient de « no mobiIe phone phobia ». C’est la phobie de ne pas pouvoir utiliser son portable. Mauvais signal, niveau de batterie insuffisant, téléphone introuvable… Ces aléas provoquent des agitations chez les utilisateurs dépendants qu’ils ne peuvent soulager qu’avec une perfusion de connexion.

Bleuite

Pathologie liée à un excès de lumière bleue par les écrans.

L’exposition prolongée à la lumière bleue des écrans engendrent des dommages à la rétine. Elle trouble aussi la synchronisation de l’horloge biologique et les fonctions biologiques. Ces perturbations entraînent des dérégulations du sommeil, de l’humeur et des neurotransmetteurs impliqués dans la mémoire.

 

Sursokinson

Nervosité consécutive à l’arrivée permanente des notifications.

Sur les ordinateurs et les téléphones, l’arrivée d’un message et les alertes déclenche une sonnerie, une vibration, un signal visuel. L’internaute est en permanence interrompu dans son travail par ces notifications. Ces ruptures empêchent la concentration et crée agitations et angoisses.

 

Détailotox

Intoxication de la mémoire par abus d’éléments anodins enregistrés.

Avec l’augmentation de la taille des disques durs, on peut enregistrer et retrouver tous les tous les événements de nos vies. Des adeptes de la conservation se perdent dans des détails sans importances et n’ont plus de souvenir d’événements importants. Ayant perdu la capacité à oublier, ils sont empoisonnés par de l’insignifiant.

Zika, une menace dramatique pour l’humanité

Zika, une menace dramatique pour l’humanité

Dans Santé Nature Innovation, Jean-Marc Dupuis m’étonne avec la pertinence des propos qu’il diffuse dans sa lettre. Vu le sujet traité aujourd’hui, je pense que c’est important de diffuser et discuter l’information.

Je suis inquiet pour Zika

J’avais dénoncé dès le départ la psychose autour du virus Ebola.

Il n’y avait pas à annoncer de catastrophe planétaire pour Ebola. La maladie ne se transmet que par contact direct. Il faut d’une part, du liquide corporel infecté (salive, vomissure, sang, liquide séminal) d’un malade, et d’autre part, une plaie ou une muqueuse chez la personne saine pour que le virus puisse pénétrer dans son corps. [1]

Autrement dit, pour endiguer l’épidémie, de rigoureuses mesures d’hygiène suffisent. C’est ce qu’ont fait les populations africaines concernées. La plupart n’étaient pas équipées des attirails spectaculaires que l’on montrait à la télévision. En évitant de s’approcher des personnes fiévreuses ou malades, elles ont arrêté la transmission de la maladie, ainsi que je l’ai expliqué en détail. [2]

Dès septembre 2014, j’avais annoncé qu’Ebola n’allait pas se répandre à travers le monde ni faire des millions de morts. [3] Ma position allait radicalement à l’encontre de celle de la grande presse, de la plupart des dirigeants politiques dont Barack Obama et François Hollande, de l’OMS et des associations humanitaires.

Malgré le flot des critiques, qui me traitaient d’irresponsable, les faits m’ont donné raison.

L’épidémie d’Ebola a fait 11 000 morts et s’est arrêtée au bout de neuf mois. [4] 11 000 morts, c’est beaucoup, mais c’est ce que le paludisme fait en 5 jours en Afrique, sans que cela ne fasse aucun titre alarmiste dans les médias.

Mais mon avis est exactement inverse concernant le virus Zika.

Zika, une menace dramatique pour l’humanité

Je pense que les médias et les autorités publiques n’en font pas du tout assez concernant le virus Zika.

Je pense que le virus Zika représente une menace absolument dramatique pour l’humanité.

C’est un virus qui a été isolé pour la première fois dans un singe rhésus dans la forêt Zika en Ouganda, en 1947. [5] La première épidémie humaine a eu lieu sur l’île de Yap en Micronésie française en 2007, mais ses conséquences ont été étouffées.

Malheureusement, de nouvelles épidémies ont éclaté en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie en 2013 et en 2014, toujours sans réaction des autorités sanitaires.

En 2015, la maladie s’est transmise en Amérique du Sud où elle a pris des proportions épidémiques, touchant plus d’un million de personnes au Brésil.

Les autorités sanitaires disent de ne pas s’inquiéter parce que Zika n’est présent que dans les zones tropicales. Mais c’est de la désinformation pure et simple.

Un virus incontrôlable qui se transmet à toute allure

Le virus Zika est transmis par un moustique de type Aedes.

Or le moustique tigre qui infeste aujourd’hui de nombreuses régions de France fait précisément partie de cette famille (son nom scientifique est aedes aegytpi). [6] Ce moustique est capable de survivre aux hivers jusqu’à Dunkerque.

Pire encore, le moustique préféré des parasites tropicaux, Aedes Albopictus, s’est installé depuis peu à son tour en France métropolitaine. Il est arrivé dans les Alpes-Maritimes (Nice) en 2004. Chaque année, il a gagné de nouveaux départements.

L’été dernier (2015), il s’est installé à Lyon, Strasbourg, Paris, en Vendée, en Isère et en Savoie !

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Source, Institut de Veille Sanitaire. [7]

De plus en plus de cas de dengue et de chikungunya sont détectés en France et il n’y a aucune raison que cela ne soit pas bientôt le cas pour Zika également.

Le virus Zika va arriver en France

Il est selon moi certain que, grâce aux va-et-vient continus de populations et au transport aérien, des moustiques mais aussi des personnes infectées par le virus Zika vont arriver en France métropolitaine.

Selon une analyse génétique du virus Zika qui sévit au Brésil, il aurait été apporté d’Océanie par des athlètes des îles du Pacifique venus à Rio pour le sixième championnat du monde de canoë-kayak en août 2014 ! [8]

Cela s’est fait aussi simplement que ça.

Selon une autre étude publiée fin mars dans la revue américaine Science, Zika aurait été amené par un seul voyageur dans un avion en provenance de Polynésie française ou d’Asie du Sud-est, selon le séquençage du génome de plusieurs virus.

Et l’on est en train d’organiser les Jeux Olympiques à Rio cet été comme si de rien n’était.

C’est pourtant la certitude que les millions de personnes qui iront au Brésil puis reviendront dans tous les pays du monde rapporteront avec eux le virus Zika, prélude d’une pandémie planétaire.

Elles se feront piquer par le moustique tigre, qui deviendra porteur, et qui transmettra Zika à d’autres. Ensuite, le mouvement peut devenir exponentiel.

Nous sommes particulièrement concernés en France puisqu’on dénombre déjà 4000 cas en Guyane, un département d’Outre-Mer avec qui les échanges de population sont permanents. Le moustique est même dans l’aéroport de Cayenne ! [9]

Aucune mesure de protection ne pourra être prise à titre personnel. Contrairement à Ebola, où il suffisait d’éviter le contact physique avec les liquides corporels des malades, vous et moi n’aurons aucune possibilité d’éviter de nous faire piquer par un moustique porteur du virus Zika.

Ce moustique a de plus la particularité de muter très rapidement pour résister aux insecticides. Si nous décidons de lancer la lutte à coup de DTT et autres poisons, cela pourrait ne servir à rien d’autre qu’à massacrer à grande échelle nos oiseaux, nos poissons, nos grenouilles, nos abeilles, nos insectes pollinisateurs, etc., sans pour autant enrayer la maladie.

Déjà plus de 40 souches différentes circulent ! [10]

De plus, le virus se transmet aussi par les autres voies conventionnelles, comme tout virus, notamment les contacts sexuels et, bien entendu, les transfusions sanguines :

Selon Eskild Petersen, professeur de médecine tropicale à l’université danoise d’Aarhus, « le principal défi va être d’empêcher que le sang infecté par le virus Zika contamine les banques de sang et soit administré à un patient… ». [11]

Conséquences terribles pour les femmes enceintes

Les conséquences du virus Zika sont dramatiques pour les femmes enceintes.

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine portant sur 88 femmes enceintes infectées indique que, chez 29 % d’entre elles, le fœtus souffrait de graves malformations, certains étaient aveugles, d’autres avaient de graves lésions nerveuses, de la microcéphalie (crâne trop petit), une réduction du placenta, ou étaient morts. [12]

Pour des raisons que j’ignore, cette information n’est pas bien passée dans les grands médias, qui se sont contentés de citer le chiffre de 1 % de risque de microcéphalie. [13]

Une seconde étude publiée dans la revue scientifique Stem Cell le 4 mars dernier indique que le virus Zika cible spécifiquement les cellules nerveuses qui vont former le cortex dans le fœtus du bébé. [14] Cela veut dire que les conséquences peuvent encore s’aggraver après la naissance du bébé. L’enfant peut naître normal, et développer le handicap par la suite.

Le virus Zika empêche les tissus neurologiques du bébé de se développer normalement, entraînant un risque de naître avec un cerveau trop petit.

Dans les zones où le virus sera présent, il va devenir compliqué et dangereux de tomber enceinte.

Déjà aujourd’hui, les femmes sont inquiètes du risque de trisomie, de spina bifida ou d’autres malformations graves. Celles-ci ne concernent pourtant qu’un enfant sur mille environ.

Si la mère est infectée par le virus Zika, le risque de malformation est multiplié par 290 !

Or, on ne s’aperçoit pas toujours qu’on a été piqué par un moustique. Dans 80 % des cas, le virus Zika peut ne provoquer aucun symptôme chez la mère, pas même une simple fièvre (c’est pourquoi la médecine considérait jusqu’à présent Zika comme une maladie bénigne).

Les risques plus étendus qu’estimés

Les médecins brésiliens avaient estimé jusqu’à présent que les pires effets de Zika se produisaient si l’infection avait lieu pendant le premier trimestre de grossesse. Mais dans deux cas identifiés dans de nouvelles études, des bébés sont morts dans l’utérus de leur mère, durant la 25e et 32e semaine. Des enfants dont la mère avait été infectée en fin de grossesse ont également montré des signes de calcification du cerveau et de microcéphalie.

Certains virologues comparent Zika à la rubéole. La rubéole est très grave chez les femmes enceintes et donne, comme Zika, des malformations au fœtus. La différence est que la plupart des femmes sont immunisées contre la rubéole, l’ayant eu pendant leur enfance.

Aucune femme, en Europe, n’est immunisée contre Zika. En cas d’épidémie, il pourrait y avoir des dizaines de milliers d’enfants mort-nés et des millions d’handicapés.

Cela pourrait signifier la fin, ou la réduction rapide, de l’humanité : beaucoup de femmes pourront (légitimement) juger que le risque de tomber enceinte est tout simplement trop grand.

De plus, une fois installé, rien ne dit que l’épidémie disparaîtra d’elle-même. Elle pourrait faire partie du paysage définitivement, rendant la perspective pour les femmes d’avoir des enfants absolument affolante.

Zika peut provoquer une grave maladie neurologique proche de la sclérose en plaque

Le 12 avril 2016, nous avons également appris que le virus Zika peut provoquer le syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique gravement handicapante semblable à la sclérose en plaque. [15]

La situation est donc en train de tourner à la catastrophe, pour un virus qui, je le rappelle, vient à peine d’apparaître dans les zones densément peuplées.

Je n’en dis pas plus pour l’instant, mais, vous vous en doutez, je garde les yeux rivés sur le dossier Zika. L’Organisation Mondiale de la Santé attend actuellement les résultats d’une grande étude menée en Colombie.

Nos dirigeants auront-ils le courage d’annuler les Jeux Olympiques à Rio cet été ? Je n’y crois pas un instant. Les compétitions sportives sont devenues la nouvelle religion, « l’opium des peuples ». Elles permettent de dévier l’attention des populations des vrais problèmes qui se produisent. Elles sont indispensables au maintien de l’ordre social actuel, aussi précaire soit-il.

C’est pourquoi les hommes politiques prennent tous soin de se déclarer fervents supporters sportifs, et chaque spot d’information, aussi dramatique soit-il, s’enchaîne directement avec les résultats sportifs, ce qui permet d’endormir les consciences à bon compte.

Ne comptez pas sur eux pour prendre des mesures pour vous protéger.

Bien entendu, je suis également en alerte sur toute information utile permettant de se prémunir contre Zika, et vous tiendrai au courant dès que j’ai quelque chose.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

La lettre santé nature innovation

Sporteau

Sporteau

Bureau permettant de faire du sport en travaillant.

Le sporteau est un bureau sportif. Tout en travaillant, le collaborateur :

  • Marche ou court sur un tapis ou dans une roue.
  • Pédale sur un vélo.

Le sporteau peut aussi être mobile. Le travailleur part en randonnée avec un bureau portable.

Le médecin du travail ou de famille peut prescrire l’usage du sporteau pendant un nombre d’heures par jour.

Est-ce une bonne idée ?

Oui

La bipédie est une caractéristique physique des homo sapiens et de quelques autres espèces. Notre corps est constitué sur le mode marcheur. Pour autant, nous passons la plupart du temps assis ou allongé. Cette sédentarité commet de nombreux dégâts.

Nos corps s’engraissent. Notre système lymphatique déraille. Les cancers et les maladies cardio-vasculaires augmentent. Une étude de l’American Cancer Society montre qu’une femme qui s’assied plus de 6 heures par jour à 37 % de chance en plus de mourir prématurément que celle qui reste en position assise moins de 3 heures par jour ».

Si le sporteau n’est pas encore obligatoire, un arrêté de la Cour européenne d’avril 2013 rappelle que tout travailleur doit pouvoir avoir accès à une table ajustable en hauteur pour travailler debout.

Nous devons envisager des manières de travailler compatibles avec nos réalités biologiques. Pourquoi ne pas porposer des couloirs de marche pour téléphoner, des open spaces équipés de tapis roulant, des pistes piétonnes pour travailleurs ambulants.

Non

Pour éliminer le stress causé par le travail, il faudrait en créer un plus important provoqué par une mise en mouvement permanente de notre corps. Ces excès de mobilisation de notre corps vont créer des dommages encore plus importants que ceux qu’il veut éviter.

A vous de juger !

C’est déjà demain

La marche en travaillant à l’étude

Une étude confirme qu’être actif en travaillant accroit la productivité et la concentration au travail. Si on travaille sur un tapis roulant, on retient 35 % plus d’information, selon une recherche menée par une équipe du Tec3Lab de HEC Montréal. Les chercheurs ont demandé à 18 étudiants de marcher sur un tapis roulant programmé à une vitesse de 2,25 km/h en lisant un texte et en répondant à des questions pendant 40 minutes. De temps en temps, ils étaient interrompus par l’arrivée d’un courriel. Résultat : la probabilité de répondre correctement aux questions était 35 % plus élevée chez les marcheurs.

Travailler en marchant

d-17721 c3-dt5-lifespan-bike-desk-userAux États-Unis, la Walkstation, un appareil qui intègre tapis roulant et table de travail, trouve de plus en plus d’adeptes. En effet, de grands noms comme Best Buy et l’entreprise pharmaceutique GlaxoSmithKline ont décidé de tenter l’expérience afin de réduire l’obésité chez leurs employés. La station de travail brule entre 100 et 130 calories en 60 minutes et permet de répondre au téléphone ou aux courriels sans s’épuiser. L’idée n’est donc pas de faire du sport, mais plutôt de demeurer actif et alerte. Et surtout, de ne pas passer la journée en position assise.

La société britannique LifeSpan a développé des bureaux équipés pour faire du sport en même temps que l’on travaille. Ces cabines comprennent des vélos d’appartement ou des tapis reliés permettant de travailler sur des ordinateurs. Dans le cadre d’une remise en forme, une liaison sans-fil Bluetooth envoie les informations à une application smartphone

Bureau hyper mobile

pereira

Le développeur Benoit Pereira da Silva travaille sur un tapis de marche depuis 2009. Il développe son chiffre d’affaires au kilomètre parcouru. Il a perdu 20 kilos sans faire aucun régime, juste en marchant en travaillant. Il a retrouvé des cycles de sommeil profond. La faim. La marche a donné une limite à ses journées de travail. Son épuisement physique correspond arrive après huit heures de marche-travail par jours. Il a aussi imaginé un bureau nomade pour travailler dans les champs, sur les chemins…

 

Travailler debout

zesdeskZestDesk est une étagère pliable à deux qui se pose sur une table ou un bureau. Le dispositif amovible en aluminium permet de travailler debout.

 

 

Allo ! Maman, robot !

Allo ! Maman, robot !

Demain, les robots nous opéreront, aideront à traiter des pathologies, nous apprendront à marcher, assisteront les malades… Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Après une présentation de quelques futurs auxiliaires de soin, la discussion est ouverte.

Au pays des robots santé

Des robots en salle d’op

Le robot Da Vinci, de la société américaine Intuitive Surgical équipe déjà environ 2000 services médicaux à travers le monde. En France, il aide les chirurgiens du CHU de St Étienne ou à l’Institut Gustave Roussy.

Ce robot est piloté par des médecins. Grâce à ses bras télécommandés, il permet d’aller plus facilement à certains endroits du corps. Il permet de réaliser des incisions plus précises et moins importantes ce qui occasionne moins de douleurs pour le patient et moins de risques d’infections.

Le robot français Rosa n’opère pas directement, mais positionne des guides au niveau du crâne pour les opérations du cerveau.
Des chercheurs à Zurich conçoivent des robots microscopiques qui peuvent s’introduire dans le corps et pratiquer de petites opérations à l’aide d’une aiguille mesurant à peine un quart de millimètre. La technologie en est encore à ses balbutiements. Des expérimentations ont été menées en utilisant des robots pour explorer l’œil.

Des nanorobots diffuseur de médicaments

Des nanorobots pourraient bientôt servir à cibler la diffusion de médicament en amenant le traitement médical dans l’organe malade. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent dans ce sens.

Des chercheurs de l’université de Californie à San Diego (États-Unis) ont réussi une grande première en envoyant un nanorobot délivrer des médicaments dans un organisme vivant, en l’occurrence une souris. L’engin, qui mesure 20 micromètres de long et 5 micromètres de diamètre, était propulsé par des bulles de gaz produites par le contenu de l’estomac du rongeur

Une équipe de chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich et du Technion développe un nanorobot-nageur guidé à l’aide d’un champ magnétique. Il sera injecté dans le circuit sanguin et naviguera dans le sens.

Des chercheurs de l’Institut Weizmann à Rehovot, en Israël, viennent de créer des nanorobots capables de contrôler le fonctionnement des gènes de bactéries.

Des robots pour s’exercer

robots médecine

La faculté de médecine de Paris Descartes a fait entrer la robotique dans ses apprentissages. Les étudiants s’entrainent sur des robots. Les professeurs télécommandent les mannequins en faisant varier les symptômes. Cette pratique d’apprentissage est déjà courante aux États-Unis, mais c’est encore une première en France. Le principal frein à sa mise en place est le coût des robots variant entre 60 000 et 300 000 euros

Des robots pour enfants autistes

Pour soimilo-5-200x300gner les autistes et améliorer leurs interactions avec le monde extérieur, des robots humanoïdes comme Milo ou non comme Leka sont proposés.

Le robot sphérique Leka est conçu pour motiver les enfants exceptionnels (autistes, par exemple) à faire des activités et à interagir avec leurs parents et éducateurs.

Milo s’adresse principalement aux hôpitaux et centres de soins. Son but est de stimuler sensoriellement les enfants, les aider à sortir de leurs bulles.

Des robots pour la maladie d’Alzheimer

Les robots de compagnie assurent une présence. Ils ont différentes apparences : ils affichent sur un écran l’image d’une personne de l’entourage ou d’êtres virtuels. On trouve aussi des robots-peluche comme le phoque Paro.

Ces robots ont été introduits dans des unités de soin comme au Gérothontpôle de Grenoble. Pour Catherine Thomas-Antérion, c’est quasiment la seule intervention non médicamenteuse qui donne des résultats tangibles dans la maladie d’Alzheimer. Dans une étude menée en Nouvelle-Zélande par l’équipe du professeur Haylay Robinson, la comparaison entre un vrai chien et le robot-phoque Paro a montré que les deux interventions étaient bénéfiques pour les quarante résidents.

Des robots infirmiers

2209286_pic_970x641   Au Japon, le projet Human Support Robot, initié par Toyota a pour objectif la conception des robots qui aideront les personnes âgées à vivre chez elles plus longtemps. Le gouvernement japonais souhaite ouvrir 10 centres de recherche et de développement en robotique d’assistance à travers le pays.

Ces robots de soins infirmiers seraient destinés à aider les personnes âgées qui vivent à leur domicile et à soulager les aidants et les soignants, par exemple en aidants les personnes âgées à se mouvoir, ou en les assistant dans différentes tâches (aide à la toilette…).

 

Faut-il ou pas miser sur les robots pour la santé demain ?

Oui

Les robots présentent de nombreux atouts :

  • Ils aident les chirurgiens à faire des incisions plus petites, qui favoriseront une guérison rapide.
  • Les microrobots en assurant une diffusion locale du traitement vont éviter les effets dévastateurs de certaines chimiothérapies.
  • Ils vont permettre à des personnes âgées de vivre plus longtemps chez eux.

Non

Les robots ont aussi leurs limites.

Comme tout système informatisé, ils peuvent être l’objet de cyberattaques. On imagine les dégâts lorsque ces attaques interviennent alors que les robots opèrent ou circulent dans notre corps. Des chercheurs de l’université de Washington à Seattle ont mené une expérience relatée dans la revue du Massachussets Institute Technology (MIT) qui montre que le piratage du bistouri peut être une cruelle réalité.

Dans les maladies dégénératives ou les soins à domicile, ces liens machinaux peuvent supplanter les liens humains considérés comme non essentiels.

Du côté patient, il y a aussi un risque important de confondre les robots avec des êtres vivants. Plusieurs études ont montré que l’utilisateur d’un robot peut penser qu’il s’agit bien d’une machine, sans que cela l’empêche d’interagir avec lui comme s’il s’agissait d’un animal, voire d’un être humain.

Si l’avenir que nous réserve le système de santé est de déléguer nos souffrances et nos difficultés à des machines, il y a toutes les chances que nous allions droit dans le mur.

Et vous, qu’est-ce que vous en pensez ?