Les implants thérapeutiques sont de plus en plus nombreux. Ils soignent et soulagent des douleurs. Demain, ils assureront la contraception et permettront de bronzer sans soleil.  

Parkinson

La maladie de Parkinson touche 130 000 personnes en France et près de 6 millions dans le monde. Pour soulager les symptômes de la maladie, les équipes de neurologues du CHU de Grenoble travaillent sur la stimulation cérébrale profonde. Cette thérapie révolutionnaire a été mise au point dans les années 90 par le Professeur Alim-Louis Benabid.

Migraines

L’implantation d’électrodes est utilisée pour soigner des patients atteints de migraines chroniques. La douleur est soulagée grâce à la stimulation d’un nerf spécifique, situé à l’arrière de la tête.

Cancer

L’implant Gliadel, commercialisé par la compagnie pharmaceutique Eisai, est un traitement d’appoint à la chirurgie chez les patients atteints d’un glioblastome multiforme récurrent, une grave forme de cancer du cerveau. Cet implant libère la chimiothérapie directement dans la région du cerveau où la tumeur se développe.

Épilepsie

Des chercheurs australiens ont mis au point un implant cérébral qui pourrait permettre de prévoir certaines crises d’épilepsie en analysant les signes avant-coureurs de ces « orages » qui affectent le cerveau. Le professeur Cook de l’Université de Melbourne souligne qu’il est très important d’arriver à prévoir ces crises d’épilepsie pour améliorer à la fois la prise en charge des malades et leur qualité de vie. Un tel système pourrait également être très utile pour le personnel soignant.

Obésité

obéDes chercheurs britanniques de l’Imperial College de Londres, dirigés par les Professeurs Chris Toumazou et Sir Stephen Bloom, ont mis au point une puce qui permettrait de contrôler l’appétit. Cet implant est relié au nerf vague (nerf pneumogastrique) qui joue un rôle-clé dans la régulation de l’appétit ainsi que dans de nombreuses autres fonctions physiologiques. Cette puce est capable d’envoyer un signal au cerveau pour déclencher la satiété. Comme le souligne le Professeur Bloom, c’est un peu comme si le cerveau recevait une instruction lui disant « votre intestin est rempli de nourriture, il n’est pas nécessaire de manger davantage ». Les essais sur l’homme de cet implant devraient commencer en 2016.

Douleur

Le stimulateur médullaire (ou neurostimulateur) est petit boîtier en métal que l’on pose sous la peau – dans l’abdomen ou en haut d’une fesse émet des impulsions électriques en direction des fibres nerveuses de la moelle épinière, et brouille le message de douleur lors de son cheminement vers le cerveau. Pour ceux qui souffrent de douleurs chroniques rebelles est une petite révolution. Ce Pace maker de la douleur  rend une vie à peu près normale aux patients en souffrance. Il pose néanmoins problème, car son porteur ne peut passer aucune IRM. L’exposition aux ondes électromagnétiques peut détériorer le matériel et provoquer une surchauffe et des lésions irréversibles de la moelle épinière. Cet inconvénient est en train d’être dépassé. Le Centre de la douleur de l’hôpital Béthune (Pas-de-Calais) pose désormais des neurostimulateurs résistant aux ondes de l’IRM.

Infection

Des ingénieurs de l’université Tufts, en collaboration avec l’université de l’Illinois, ont développé un implant électronique résorbable pour soigner les infections bactériennes comme le Staphylococcus aureus. Le dispositif est composé d’une résistance en forme de serpentin et d’une bobine en magnésium encapsulées dans une couche de protéines de soie. Implanté in vivo sur des tissus infectés par la bactérie dans l’organisme d’une souris, l’implant a été activé à distance durant deux séries de traitement thermique de 10 minutes. Les tissus prélevés 24 heures après l’opération ne présentaient aucun signe d’infection et les tissus environnants étaient normaux. Le dispositif s’est complètement biodégradé au bout de 15 jours e.

L’apnée du sommeil

L’agence américaine des médicaments (FDA) a donné son feu vert à la mise sur le marché d’un implant, qui traite l’apnée du sommeil. L’appareil stimule électriquement le nerf hypoglosse, nerf moteur de la langue qui est ainsi projetée en avant, laissant plus d’espace à la circulation de l’air. La pile est implantée sous la peau dans le haut de la poitrine. Les malades activent le système à l’aide d’une petite télécommande quand ils se couchent et le désactivent au réveil.

La contraception

contraception

A la demande de la Fondation Bill & Melinda Gate, la société américaine MicroCHIPS a créé un implant contraceptif longue durée (16 ans) qu’on met en veille ou en marche. L’implant est composé d’un réservoir hermétique contenant l’hormone contraceptive (lévonorgestrel), scellé par un joint conçu en titane et en platine, placé sur une puce électronique d’1,5 cm de largeur. Grâce à une pile interne, il suffit d’envoyer un courant électrique pour faire fondre temporairement le joint, et permettre ainsi la diffusion de la dose de lévonorgestrel voulue. L’implant contraceptif sera mis sur le marché en 2018.

Bronzer sans soleil

La firme australienne, Epitan, espère en tout cas mettre sur le marché d’ici quelques années un implant qui déterminerait un bronzage artificiel en délivrant sous la peau une hormone synthétique. Cette protéine, le Melanotan est un assemblage de 13 acides aminés mis au point par des chercheurs du centre sur le cancer de l’Arizona. Il provoque un bronzage artificiel en mimant les effets de la MSH (Melanocyte Stimulating Hormone), une hormone naturelle qui active les cellules responsables de la pigmentation de la peau, les mélanocytes.