Dix scénarios pour le futur de la santé

Dix scénarios pour le futur de la santé

SANTÉ DEMAIN : DIX SCÉNARIOS POUR LE FUTUR

OPPORTUNITÉS OU RISQUES ? A VOUS DE JUGER

1. Les bébés seront génétiquement modifiés

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2003, les chercheurs effectuent le premier séquençage du génome humain. L’affaire a coûté trois milliards de dollars et sollicité 20 000 experts internationaux pendant treize ans. Dix ans plus tard, le décryptage passe sous la barre des 500 dollars et dure quelques jours. Les prix continuent à baisser.

En 2013, CRISPR-Cas9 crée un tsunami dans les labos. Ce couteau suisse génétique reprogramme facilement un génome.

Les modifications génétiques sur les embryons humains se multiplient. En novembre 2016, la technique d’édition génétique CRISPR/Cas9 est utilisée pour la première fois chez l’homme pour tenter de lutter contre une forme agressive de cancer du poumon.

Si jamais les enfants de la génération d’après s’avéraient  porteurs d’anomalie, que faudra-t-il faire ? Les stériliser ?

Jacques Testard

Risques

Poupées Barbies

On va vers un nouvel eugénisme avec programmation d’enfants à la mode. Cette année, cela sera l’année des Barbie blondes aux yeux bleus marine !

Ces modifications peuvent aussi s’appliquer à la descendance. La prise de contrôle de la destinée génétique pose des questions délicates d’autant que la science n’a pas de réponse.

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2. Nos organes seront imprimés

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L’imprimante 3D est entrée dans l’univers de la santé. On l’utilise pour :

Façonner des prothèses implantables sur mesure


Des chirurgiens remplacent des os de la mâchoire, une partie du crâne, des vertèbres, avec des pièces en titane ou en résine. On fabrique des plâtres sur mesure, des prothèses (doigt, oreille, membre…) pour les amputés ou des exosquelettes.

Créer des modèles pour préparer des interventions complexes


Le chirurgien dispose de la copie exacte de l’organe à opérer. Outre les aider lors des opérations, ils peuvent s’entraîner à effectuer des gestes délicats.

Fabriquer des tissus vivants

Aujourd’hui, on imprime de la peau, des tissus de foie et de rein, une oreille comprenant muscles, os et cartilage. La bio-impression fait espérer que demain, ou après-demain on créera ex nihilo des cœurs, des poumons et autres organes.

Opportunités

Finies les attentes interminables de dons d’organes. On a besoin d’un cœur, le médecin l’imprime… Click To Tweet

Pour l’impression, on utilise les cellules souches ou cellules capables de se multiplier et de se spécialiser en n’importe quel tissu corporel. Cette composition évite les rejets d’organes.

  • 1999 Impression 3D d’une vessie.
  • 2008 Première prothèse de jambe en 3D.
  • 2009 Premier vaisseau sanguin 3D.
  • 2014 Un crâne imprimé pour une Néerlandaise dont les os s’épaississaient.
  • 2015 Organovo imprime des tissus de foie.
  • 2016 L’impression 3D représente un marché de 279,6 millions de dollars.

Risques

À force d’être recomposé avec des organes imprimés par des machines, on va finir par perdre toutes formes d’humanité.

On va assister à des demandes d’augmentation des capacités humaines qui vont créer de nouvelles inégalités. Lorsqu’on a les moyens financiers, la tentation sera grande de vouloir, au lieu de l’ancien cœur, un cœur de sportif de haut niveau qui autorise tous les extrêmes.

3. Nous vivrons jusqu’à plus soif de vie

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Nous vivons de plus en plus vieux en gagnant chaque année trois mois d’espérance de vie.

Pour dépasser le seuil théorique de la vie humaine située autour de 120 ans, les chercheurs explorent différentes pistes.

Certains scientifiques empruntent la voie technologique. Ils pensent que l’ajout de technologies permettra à l’homme de vivre plus longtemps.

D’autres pensent que notre capacité de vivre plus longtemps se trouve dans nos gènes. Ils travaillent sur la division cellulaire, l’ablation des cellules de reproduction, les régimes de restriction caloriques…

L’immortalité constitue un business florissant. Des entreprises se positionnent pour être les premières à tirer profit de ce marché juteux de l’immortalité.

  • La société espagnole Life Length commercialise en Grande-Bretagne un test capable d’estimer votre espérance de vie.
  • Le milliardaire Dimitry Itskov finance « Initiative 2045 ». Ce programme en quatre étapes aboutira à la création d’un cerveau artificiel.

Opportunités

L’immortalité est le plus vieux rêve de l’homme. Gilgamesh cherchait déjà la plante de la jouvence. Les empereurs chinois ingéraient des métaux précieux inaltérables pour obtenir une résistance au temps. Ce rêve a traversé les âges, avant d’atterrir sur les paillasses des chercheurs.

Quel que soient notre âge et notre état de santé, nous souhaitons tous avoir quelques années, mois, jours supplémentaires sur cette terre. Si la science et la technologie nous les offrent, on ne peut que les accepter.

Comme dit Sartre, seule la mort transforme la vie en projet. La science veut programmer la vie, mais la vie n’est pas un programme, en faisant ainsi on tue la vie ! Nous ne sommes plus humains lorsqu’on considère la maladie et la mort comme de simples pannes.

Jean-Michel Besnier

Philosophe

Risques

Sans la mort, la vie va devenir un long fleuve ennuyeux, surtout à la fin.

La planète ne pourra supporter cette augmentation de population vieillissante. l’extension de l’espérance de vie va épuiser ses ressources naturelles.

Cette augmentation de la durée de la vie s’effectuera au détriment des jeunes qui auront encore plus de mal à trouver leur place.

4. Les données numériques nous guériront

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Les données personnelles de santé augmentent.

Bracelets, vêtements, balances, brosse à dents, miroirs, tatouages… Les objets connectés qui analysent notre santé se multiplient.

Le décryptage de nos génomes va apporter un maximum d’eau au moulin du big data. Pour chacun individu, ce n’est pas moins que 3 milliards de bases qui seront décryptées.

Des experts envisagent que l’on produise un million de gigabits de données par personne.

Ces masses d’informations seront cuisinées par des algorithmes. Le principe de cette cuisine est de mettre dans la bassine différentes sources de données, de mélanger les informations et d’en sortir des informations inédites.

Aujourd’hui encore, les data qu’utilise réellement le corps médical sont extrêmement limitées: un bref résumé de la vie du patient, quelques informations sur les principales maladies qu’il a connues, la mesure du poul, de la tension,  complétés d’examens médicaux coûteux, si nécessaire (…) nombreuses également sont les analyses qui contredisent les déclarations des intéressés (…) Pourtant ces données existent bien; elles ont été créées par le corps médical, mais elles sont souvent éparses.

Gilles Babinet

Entrepreneur

Opportunités

Le traitement des données personnelles va permettre d’améliorer :

La prévention

Qui tombe malade et pourquoi ? En croisant des données, on change la compréhension du rapport entre mode de vie et maladie. Des bracelets et autres objets de surveillance portables aident les patients à adopter un mode de vie plus sain.

Le diagnostic

En brassant toutes les données sur les recherches médicales en cours, un algorithme propose des hypothèses au médecin. Le médecin les étudie et fait son choix.

Le traitement

Le médecin propose des médicaments personnalisés. L’empreinte génétique du patient, son mode de vie et son environnement sont comparés à des milliers d’autres pour prédire la maladie et déterminer le traitement le plus adapté.

Risques

Comme le fonctionnement humain est par essence même chaotique, la détection permanente de toutes les anomalies va créer un stress permanent.

Avec ces données, le médecin risque de nouveau de soigner la maladie et pas le patient.

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5. Nous serons soignés par des robots

Innovations

Les robots entrent à l’hôpital. Ils occupent différents postes :

Salle d'opération robotisée

Des robots-chirurgiens effectuent de manière précise et parfaite les gestes programmés par le chirurgien.

Des robots facilitent la formation du personnel soignant.

Des robots compagnons distraient les enfants hospitalisés ou stimulent les patients atteints de maladies dégénératives.

Des robots-assistants aident à porter les malades et améliorent l’efficacité du personnel soignant.

Des robots s’occupent des préparations et transportent rapidement les médicaments et le matériel médical.

« Les robots vont se développer à toute vitesse. Depuis 20 ans, j’utilise un télémanipulateur chirurgical. Demain, ce sera un robot qui assurera un certain nombre d’opérations. La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Elle possède une force que nous ne connaissons pas : lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

Demain je serai dépossédé des outils qui faisaient mon métier de médecin, techniquement. En revanche, ce qui restera est la relation humaine. Le médecin sera à la disposition du malade, qui, quoi qu’il arrive, ne croira jamais l’ordinateur. Il aura toujours besoin d’une personne qui le conforte. »

Guy Vallancien

Chirurgien et auteur de "Une médecine sans médecin"

Opportunités

Médecin robot

Un robot n’a pas d’état d’âme, de faiblesse, ne tremble pas. Avec le robot chirurgien, la cicatrice est plus petite. Le rétablissement est plus rapide.

Le robot assistant évite que le personnel soignant soit obligé de porter des charges lourdes. Robear est un robot-ours japonais qui a une fonction d’aide-soignant. Il peut soulever un malade comme s’il ne pesait pas plus lourd qu’un pot de miel.

Les robots peuvent apporter de l’affection. Casper est un petit robot blanc qui divertit, allège et égaye le quotidien des enfants traités pour un cancer.

Les robots peuvent aussi créer du lien. C’est le cas de Nao qui donne des cours de sport aux personnes âgées.

Risques

Si l’hôpital n’est pas un lieu de vie toujours agréable, il peut devenir cauchemardesque si l’on n’y rencontre que des robots.

Les robots qui s’occupent des personnes dépendantes vont remplacer la visite de soignants. Même si leur présence est brève, elle constitue un lien social. S’il est supprimé, ne risque-t-on pas de créer vers une société totalement déshumanisée ?

6. Nous fabriquerons nos médicaments à la maison

Innovations

Depuis le milieu du XIXe siècle, les comprimés sont produits en mélangeant divers ingrédients et en compactant la poudre obtenue entre deux poinçons ou avec une presse. Désormais l’assemblage peut être effectué grâce à une imprimante 3D, qui dépose les ingrédients couche par couche.

En 2015, l’autorité américaine de la santé, la Food and Drug Administration (FDA), a donné son feu vert à la commercialisation d’un premier médicament fabriqué grâce à une imprimante 3D. Ce médicament est le Spritam destiné au traitement de l’épilepsie.

Des chercheurs de l’Université de Singapour ont créé une imprimante 3D qui fabrique des pilules… Click To Tweet

Les médicaments qui doivent être pris à différents moments de la journée, et à différents dosages, sont assemblés dans un seul comprimé.

Le MIT a développé une unité autonome capable de produire 4 médicaments très courants (le Benadryl, Valium, Prozac, et la lidocaine, un anesthésique local). Cette machine peut être très utile pour les situations d’urgence.

Si l’essor de l’impression 3D de médicaments se confirme, les modèles économiques de l’industrie pharmaceutique seront profondément bousculés : il est donc nécessaire que les acteurs se préparent en amont pour pallier au risque de désintermédiation.

Vincent Genet

Directeur associé d’Alcimed

Opportunités

Finies les armoires à pharmacie qui débordent de boîtes de médicaments périmés, l’objet archaïque est remplacé par une imprimante 3D.

Une prescription médicale, la machine imprime des médicaments personnalisés qui mélange différentes molécules et adapte les dosages de manière très précise. Avec cette unique prise, on met aussi à la poubelle les piluliers.

Nous sommes blessés, l’imprimante imprime un pansement qui active le processus de cicatrisation et réduit les risques d’infection. On peut aussi lui programmer l’impression d’une colle pour recoller les os d’une lentille connectée qui mesure le taux de glycémie.

Risques

Surconsommation de médicaments

Cette fabrication risque d’augmenter la production de médicaments contrefaits déjà très importante. L’IRACM (l’Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments) considère qu’aujourd’hui 62 % des médicaments vendus sur Internet sont contrefaits. Les producteurs clandestins intègrent 10 %, et non 100 % des principes actifs. Les médicaments frauduleux les plus dangereux sont ceux destinés à traiter les maladies graves, comme la malaria, qui survient essentiellement en Afrique subsaharienne.

Le dispositif va favoriser la fabrication de drogues dangereuses et illégales et l’abus de médicaments.

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7. Nous souffrirons de robophobie et de zombiquisme !

Innovations

Nous souffrons aujourd’hui de pathologies qui n’existaient pas dans le passé. Demain, de nouveaux dysfonctionnements vont apparaître.

Le vieillissement de la population
Notre espérance de vie augmente chaque année de trois mois. Plus nous vivons vieux, plus nous connaissons des pathologies du vieillissement : maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, ostéoporose, arthrite, cataracte, glaucome, insuffisance rénale…

Les épidémies
Ebola, Zika aujourd’hui. Nul ne connaît l’identité de la prochaine épidémie, mais les chercheurs pensent qu’elle va surgir d’un milieu inviolé jusque-là. C’est presque toujours de la perturbation d’un environnement (par exemple la déforestation) que viennent les pathogènes qui nous infectent. Ils trouvent en l’être humain un nouvel hôte et s’ils parviennent à s’y adapter, ils provoquent une maladie émergente.

Le changement climatique
Avec le réchauffement climatique, les pathologies respiratoires et allergiques vont augmenter.

Le numérique
Le monde se numérise et les technologies le transforment. La fréquentation plus qu’assidue des écrans crée de nouvelles pathologies.

Opportunités

Groupe de personnes équipé de combinaisons antibactériologiques

Des nouveaux praticiens vont apparaître. On pourra avoir des numéropathes qui vont soigner les dommages commis par les abus de numérique. Des immortaliseurs prendront en charge l’ennui causé par une vie trop longue.

La multiplication des pathologies liées au réchauffement climatique va faire prendre conscience de la nécessité d’intensifier les efforts pour préserver la planète.

Rouler des mécaniques est une maladie des hommes. Avec la voiture autonome, elle va disparaître.

Hier, on avait la maladie de se soigner. Aujourd’hui, on veut que notre médecin nous prescrive du bonheur. Demain, on souffrira de notre absence d’immortalité.

Hier papa fumait la pipe. Demain, il serait malade de ne pas pouvoir réussir à la casser.

Les médecins doivent apprendre à prendre au sérieux et à traiter les overdoses de connexions.

On en parle

Réflexions lors d'un atelier

Risques

Les maladies risquent d’être nombreuses

Zombiquisme : syndrome des individus présents physiquement et absents mentalement.
Robophobie : phobie des robots.
Zappite : crises d’ennui provoquées par l’absence de sollicitation.
Métalisme : réactions aux implants et prothèses.
Démanite : dysfonctionnement des nanomédicaments.
Géneffé : pathologie consécutive à une thérapie génique.
Cryogénisme : trouble de l’intégration après cryogénisation.
Éternite : dépression de la longévité.
Coudinite : tendinite du cou due à des mouvements répétés de consultation d’écrans.
Epichronicité : affaiblissement dû à la multiplication des épidémies infectieuses.
Pollucondrie : Maladies provoquées diverses pollutions.

8. Nous jouerons à nous soigner

Innovations

Loin du cliché de l’adolescent retranché dans sa chambre, les gamers de demain auront de 7 à 97 ans. Ils feront leurs jeux quotidiens pour améliorer leur état de santé.

Les jeux vidéos pensés comme des remèdes s’avèrent assez performants en matière thérapeutique. En dirigeant une taupe qui fait du surf, les patients atteints de la maladie de Parkinson rééduquent leur équilibre et améliorent leurs mouvements. Des jeux procurent la dopamine dont les patients atteints de la maladie de Parkinson manquent. Ils rééduquent les victimes d’accidents cardio-vasculaires.

On trouve maintenant des applications de réalité virtuelle qui soignent certaines phobies (la peur du vide, de la foule, des araignées, etc.), diminuent les dépendances (drogues, alcoolisme…) ou atténuent le stress post-traumatique.

Si les jeux et des dispositifs de réalité virtuelle sont appelés à devenir une nouvelle classe de médicaments, il faut valider leur efficacité pour obtenir les agréments des autorités sanitaires. Pour l’instant le parcours est long et coûteux et peu de créateurs l’ont encore fait.

Michael Stora

Psychologue

Opportunités

Deepstream VR crée des jeux vidéo en réalité virtuelle pour aider les patients à oublier leurs douleurs. Ce type de traitement constitue une alternative efficace aux médicaments antidouleur.

Dans la maladie de Parkinson, la rééducation est longue. Le jeu aide à pratiquer sur la durée tout en gardant la motivation.

Ludiques et amusants, les jeux permettent de sensibiliser efficacement les patients. Packy and Marlon destiné aux enfants diabétiques a permis de réduire de 77 % les cas d’hospitalisation d’urgence.

Des études ont montré qu’un enfant ayant une tablette de jeu vidéo entre les mains lors d’un épisode de douleur forte utilise deux fois moins la pompe à morphine qu’un autre.

Risques

Si les jeux et les dispositifs de réalité virtuelle sont appelés à devenir une nouvelle classe de médicaments, il faut valider leur efficacité pour obtenir les agréments des autorités sanitaires. Pour l’instant le parcours est long et coûteux.

La qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Lumos Labs s’est vu infliger une amende de 2 millions de dollars pour avoir prétendu que ses jeux en ligne  pouvaient guérir les troubles cognitifs liés au vieillissement et même à la maladie d’Alzheimer, sans preuves scientifiques à l’appui.

Les jeux peuvent créer une nouvelle dépendance. Sparx est dédié aux adolescents qui tombent en dépression. L’adolescent évolue dans un univers fantastique au travers de sept niveaux. Il a parfois du mal à en sortir.

Opportunités ou risques ?

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9. nous serons tous des super-héros

Innovations

De 5 % à 6 % de la population des pays industrialisés porte un dispositif médical implantable.

Le premier stimulateur cardiaque  a été posé en octobre 1958 en Suède. L’appareil tomba en panne au bout de trois heures.

Aujourd’hui, il existe des dispositifs implantables pour aider les personnes souffrant de problèmes cardiaques, de la maladie de Parkinson, de diabète, de ralentissement de l’estomac, de surdité, d’incontinence urinaire…

Les chercheurs travaillent aussi sur des implants qui augmentent les facultés. Ils permettront d’entendre des fréquences inaudibles, voir dans le noir, zoomer sur des objets éloignés, télécharger des compétences, stocker et récupérer des souvenirs, contrôler des machines.

Lorsque la girafe rêve d’avoir des cornes, elle perd ses oreilles

Proverbe camerounais

S’il est possible de modifier en profondeur ce qui constitue notre identité, c’est-à-dire nos souvenirs et notre mémoire, pourrions-nous être considérés comme responsables de nos actes si le souvenir de certaines de ses actions est modifié ou effacé ? (…) Irons-nous jusqu’à pratiquer, sous la pression sociale, l’amputation volontaire ? Des centaines de milliers de personnes n’ont pas hésité à procéder à des opérations de chirurgie esthétique, modifiant durablement certaines parties de leur corps, sur la base de critères esthétiques fortement subjectifs. Pourquoi les gens rechigneraient-ils à faire de même avec des modifications qui augmenteraient leur confort, leur force, leur résistance à l’effort, leurs aptitudes ou capacités sensorielles ?

Cyril Fiévet

Journaliste

Opportunités

Les implants sont porteurs de belles promesses en matière de santé.

  • On pourra faire remarcher des patients paralysés.
  • Des personnes handicapées pourront retrouver de l’autonomie.
  • Ils aident à diminuer des douleurs.
  • Ils vont permettre de prévenir des crises d’épilepsie.

Nos facultés pourront être augmentés. Nos aurons les capacités de nos super héros.

Risques

Les implants peuvent être piratés. Les conséquences sont potentiellement dramatiques.

Si avec des implants, des personnes voient mieux de jour comme de nuit, sont plus forts, plus rapides, mémorisent mieux, ils vont vouloir être toujours plus performant. Ne pas l’être va créer de graves frustrations.

Les implants vont créer de nouvelles inégalités. Il y aura ceux qui ont les moyens de devenir des super-héros et ceux qui ne les ont pas.

Les implants d’augmentation sont sélectifs. Ils vont augmenter la mémoire, mais pas l’humour ou l’imagination.

10. Nos maladies seront diagnostiquées en 30 secondes

Innovations

Dans Star Trek, le tricordeur est un petit outil qui analyse en 30 secondes  l’état de santé d’un patient. S’il n’est pas encore sur le marché, de nombreuses recherches montrent qu’il s’invente.

  • Google travaille sur un nanodiagnostic. L’idée est de faire circuler dans le sang des particules nanoscopiques mesurant les changements biochimiques annonciateurs d’une tumeur, d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral.
  • La Food and Drug Administration a autorisé la commercialisation d’un test génétique de dépistage médical à destination du grand public.
  • Une équipe de l’hôpital universitaire de Nice a annoncé le dépistage précoce du cancer du poumon par une  prise de sang.
  • Des chercheurs américains et néerlandais travaillent sur le dépistage du cancer du sein à partir d’un test respiratoire.
  • Vert ? C’est une chlamydia. Jaune ? L’herpès. Bleu ? La syphilis… Trois collégiens anglais ont inventé un préservatif qui change de couleur au contact d’une infection sexuellement transmissible.

Toute annonce d’une maladie grave est un coup de poing. Elle brutalise, révulse et sidère. Rien n’y prépare, rien n’en protège. Installés dans le confort de leur existence à durée indéterminée, les malades et leurs proches se voient soudain confrontés à l’impensable : la précarité de la vie.

Tout adulte qui a été confronté à une maladie grave se souvient d’abord avec précision du contexte dans lequel il a reçu l’annonce du diagnostic. Pour beaucoup, cette annonce résonne comme une catastrophe. En un instant, l’illusion d’immortalité, sur laquelle tout bien-portant construit sa vie, s’évapore.

Héloïse Lhérété

Rédactrice en chef de Sciences humaines

Opportunités

Le diagnostic rapide a plusieurs atouts. Il va permettre de…

Réduire les angoisses
Fini le temps qui coule à goutte à goutte, lorsqu’on attend les résultats d’une biopsie ou autres examens délicats. Plus la durée des procédures diagnostiques est longue, plus l’anxiété s’accroit. Le doute est plus difficile à affronter que la réalité d’un diagnostic.

Accélérer et simplifier le diagnostic.
La probabilité de guérir d’un cancer dépend en grande partie du stade auquel celui-ci est détecté. Un diagnostic plus en amont permettrait donc de sauver de nombreuses vies.
Le diagnostic des maladies rares éviterait des longues errances des patients qui vont de médecin en médecin.

Réduire la pression sur les systèmes de soins
L’auto-diagnostic réduirait les visites inutiles à l’hôpital.

Risques

Comment se passera-t-il lorsque les patients s’autodiagnostiquent et découvrent qu’ils sont atteints d’une pathologie grave, voire incurable ?

Lorsqu’un médecin annonce un diagnostic, il propose en même temps un accompagnement dans le traitement. L’auto-diagnostic risque de provoquer une détresse psychologique devant le fardeau de la maladie à venir. Il sera encore plus lourd si la maladie ne peut être traitée.