Zika, une menace dramatique pour l’humanité

Zika, une menace dramatique pour l’humanité

Dans Santé Nature Innovation, Jean-Marc Dupuis m’étonne avec la pertinence des propos qu’il diffuse dans sa lettre. Vu le sujet traité aujourd’hui, je pense que c’est important de diffuser et discuter l’information.

Je suis inquiet pour Zika

J’avais dénoncé dès le départ la psychose autour du virus Ebola.

Il n’y avait pas à annoncer de catastrophe planétaire pour Ebola. La maladie ne se transmet que par contact direct. Il faut d’une part, du liquide corporel infecté (salive, vomissure, sang, liquide séminal) d’un malade, et d’autre part, une plaie ou une muqueuse chez la personne saine pour que le virus puisse pénétrer dans son corps. [1]

Autrement dit, pour endiguer l’épidémie, de rigoureuses mesures d’hygiène suffisent. C’est ce qu’ont fait les populations africaines concernées. La plupart n’étaient pas équipées des attirails spectaculaires que l’on montrait à la télévision. En évitant de s’approcher des personnes fiévreuses ou malades, elles ont arrêté la transmission de la maladie, ainsi que je l’ai expliqué en détail. [2]

Dès septembre 2014, j’avais annoncé qu’Ebola n’allait pas se répandre à travers le monde ni faire des millions de morts. [3] Ma position allait radicalement à l’encontre de celle de la grande presse, de la plupart des dirigeants politiques dont Barack Obama et François Hollande, de l’OMS et des associations humanitaires.

Malgré le flot des critiques, qui me traitaient d’irresponsable, les faits m’ont donné raison.

L’épidémie d’Ebola a fait 11 000 morts et s’est arrêtée au bout de neuf mois. [4] 11 000 morts, c’est beaucoup, mais c’est ce que le paludisme fait en 5 jours en Afrique, sans que cela ne fasse aucun titre alarmiste dans les médias.

Mais mon avis est exactement inverse concernant le virus Zika.

Zika, une menace dramatique pour l’humanité

Je pense que les médias et les autorités publiques n’en font pas du tout assez concernant le virus Zika.

Je pense que le virus Zika représente une menace absolument dramatique pour l’humanité.

C’est un virus qui a été isolé pour la première fois dans un singe rhésus dans la forêt Zika en Ouganda, en 1947. [5] La première épidémie humaine a eu lieu sur l’île de Yap en Micronésie française en 2007, mais ses conséquences ont été étouffées.

Malheureusement, de nouvelles épidémies ont éclaté en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie en 2013 et en 2014, toujours sans réaction des autorités sanitaires.

En 2015, la maladie s’est transmise en Amérique du Sud où elle a pris des proportions épidémiques, touchant plus d’un million de personnes au Brésil.

Les autorités sanitaires disent de ne pas s’inquiéter parce que Zika n’est présent que dans les zones tropicales. Mais c’est de la désinformation pure et simple.

Un virus incontrôlable qui se transmet à toute allure

Le virus Zika est transmis par un moustique de type Aedes.

Or le moustique tigre qui infeste aujourd’hui de nombreuses régions de France fait précisément partie de cette famille (son nom scientifique est aedes aegytpi). [6] Ce moustique est capable de survivre aux hivers jusqu’à Dunkerque.

Pire encore, le moustique préféré des parasites tropicaux, Aedes Albopictus, s’est installé depuis peu à son tour en France métropolitaine. Il est arrivé dans les Alpes-Maritimes (Nice) en 2004. Chaque année, il a gagné de nouveaux départements.

L’été dernier (2015), il s’est installé à Lyon, Strasbourg, Paris, en Vendée, en Isère et en Savoie !

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Source, Institut de Veille Sanitaire. [7]

De plus en plus de cas de dengue et de chikungunya sont détectés en France et il n’y a aucune raison que cela ne soit pas bientôt le cas pour Zika également.

Le virus Zika va arriver en France

Il est selon moi certain que, grâce aux va-et-vient continus de populations et au transport aérien, des moustiques mais aussi des personnes infectées par le virus Zika vont arriver en France métropolitaine.

Selon une analyse génétique du virus Zika qui sévit au Brésil, il aurait été apporté d’Océanie par des athlètes des îles du Pacifique venus à Rio pour le sixième championnat du monde de canoë-kayak en août 2014 ! [8]

Cela s’est fait aussi simplement que ça.

Selon une autre étude publiée fin mars dans la revue américaine Science, Zika aurait été amené par un seul voyageur dans un avion en provenance de Polynésie française ou d’Asie du Sud-est, selon le séquençage du génome de plusieurs virus.

Et l’on est en train d’organiser les Jeux Olympiques à Rio cet été comme si de rien n’était.

C’est pourtant la certitude que les millions de personnes qui iront au Brésil puis reviendront dans tous les pays du monde rapporteront avec eux le virus Zika, prélude d’une pandémie planétaire.

Elles se feront piquer par le moustique tigre, qui deviendra porteur, et qui transmettra Zika à d’autres. Ensuite, le mouvement peut devenir exponentiel.

Nous sommes particulièrement concernés en France puisqu’on dénombre déjà 4000 cas en Guyane, un département d’Outre-Mer avec qui les échanges de population sont permanents. Le moustique est même dans l’aéroport de Cayenne ! [9]

Aucune mesure de protection ne pourra être prise à titre personnel. Contrairement à Ebola, où il suffisait d’éviter le contact physique avec les liquides corporels des malades, vous et moi n’aurons aucune possibilité d’éviter de nous faire piquer par un moustique porteur du virus Zika.

Ce moustique a de plus la particularité de muter très rapidement pour résister aux insecticides. Si nous décidons de lancer la lutte à coup de DTT et autres poisons, cela pourrait ne servir à rien d’autre qu’à massacrer à grande échelle nos oiseaux, nos poissons, nos grenouilles, nos abeilles, nos insectes pollinisateurs, etc., sans pour autant enrayer la maladie.

Déjà plus de 40 souches différentes circulent ! [10]

De plus, le virus se transmet aussi par les autres voies conventionnelles, comme tout virus, notamment les contacts sexuels et, bien entendu, les transfusions sanguines :

Selon Eskild Petersen, professeur de médecine tropicale à l’université danoise d’Aarhus, « le principal défi va être d’empêcher que le sang infecté par le virus Zika contamine les banques de sang et soit administré à un patient… ». [11]

Conséquences terribles pour les femmes enceintes

Les conséquences du virus Zika sont dramatiques pour les femmes enceintes.

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine portant sur 88 femmes enceintes infectées indique que, chez 29 % d’entre elles, le fœtus souffrait de graves malformations, certains étaient aveugles, d’autres avaient de graves lésions nerveuses, de la microcéphalie (crâne trop petit), une réduction du placenta, ou étaient morts. [12]

Pour des raisons que j’ignore, cette information n’est pas bien passée dans les grands médias, qui se sont contentés de citer le chiffre de 1 % de risque de microcéphalie. [13]

Une seconde étude publiée dans la revue scientifique Stem Cell le 4 mars dernier indique que le virus Zika cible spécifiquement les cellules nerveuses qui vont former le cortex dans le fœtus du bébé. [14] Cela veut dire que les conséquences peuvent encore s’aggraver après la naissance du bébé. L’enfant peut naître normal, et développer le handicap par la suite.

Le virus Zika empêche les tissus neurologiques du bébé de se développer normalement, entraînant un risque de naître avec un cerveau trop petit.

Dans les zones où le virus sera présent, il va devenir compliqué et dangereux de tomber enceinte.

Déjà aujourd’hui, les femmes sont inquiètes du risque de trisomie, de spina bifida ou d’autres malformations graves. Celles-ci ne concernent pourtant qu’un enfant sur mille environ.

Si la mère est infectée par le virus Zika, le risque de malformation est multiplié par 290 !

Or, on ne s’aperçoit pas toujours qu’on a été piqué par un moustique. Dans 80 % des cas, le virus Zika peut ne provoquer aucun symptôme chez la mère, pas même une simple fièvre (c’est pourquoi la médecine considérait jusqu’à présent Zika comme une maladie bénigne).

Les risques plus étendus qu’estimés

Les médecins brésiliens avaient estimé jusqu’à présent que les pires effets de Zika se produisaient si l’infection avait lieu pendant le premier trimestre de grossesse. Mais dans deux cas identifiés dans de nouvelles études, des bébés sont morts dans l’utérus de leur mère, durant la 25e et 32e semaine. Des enfants dont la mère avait été infectée en fin de grossesse ont également montré des signes de calcification du cerveau et de microcéphalie.

Certains virologues comparent Zika à la rubéole. La rubéole est très grave chez les femmes enceintes et donne, comme Zika, des malformations au fœtus. La différence est que la plupart des femmes sont immunisées contre la rubéole, l’ayant eu pendant leur enfance.

Aucune femme, en Europe, n’est immunisée contre Zika. En cas d’épidémie, il pourrait y avoir des dizaines de milliers d’enfants mort-nés et des millions d’handicapés.

Cela pourrait signifier la fin, ou la réduction rapide, de l’humanité : beaucoup de femmes pourront (légitimement) juger que le risque de tomber enceinte est tout simplement trop grand.

De plus, une fois installé, rien ne dit que l’épidémie disparaîtra d’elle-même. Elle pourrait faire partie du paysage définitivement, rendant la perspective pour les femmes d’avoir des enfants absolument affolante.

Zika peut provoquer une grave maladie neurologique proche de la sclérose en plaque

Le 12 avril 2016, nous avons également appris que le virus Zika peut provoquer le syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique gravement handicapante semblable à la sclérose en plaque. [15]

La situation est donc en train de tourner à la catastrophe, pour un virus qui, je le rappelle, vient à peine d’apparaître dans les zones densément peuplées.

Je n’en dis pas plus pour l’instant, mais, vous vous en doutez, je garde les yeux rivés sur le dossier Zika. L’Organisation Mondiale de la Santé attend actuellement les résultats d’une grande étude menée en Colombie.

Nos dirigeants auront-ils le courage d’annuler les Jeux Olympiques à Rio cet été ? Je n’y crois pas un instant. Les compétitions sportives sont devenues la nouvelle religion, « l’opium des peuples ». Elles permettent de dévier l’attention des populations des vrais problèmes qui se produisent. Elles sont indispensables au maintien de l’ordre social actuel, aussi précaire soit-il.

C’est pourquoi les hommes politiques prennent tous soin de se déclarer fervents supporters sportifs, et chaque spot d’information, aussi dramatique soit-il, s’enchaîne directement avec les résultats sportifs, ce qui permet d’endormir les consciences à bon compte.

Ne comptez pas sur eux pour prendre des mesures pour vous protéger.

Bien entendu, je suis également en alerte sur toute information utile permettant de se prémunir contre Zika, et vous tiendrai au courant dès que j’ai quelque chose.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

La lettre santé nature innovation

(Lettre de la santé demain) Numéro 1 : Qui va mettre le feu aux poudres ?

(Lettre de la santé demain) Numéro 1 : Qui va mettre le feu aux poudres ?

Nous préparons un hackathon pour co-construire un événement sur la santé demain qui aura lieu le 12 septembre au théâtre de l’Odéon. 800 personnes attendues, une trentaine d’intervenants, le projet est ambitieux !

affiche_odeon2Le hackathon aura lieu le lundi 18 mai à l’OpenMind Kfe à Paris. Pendant cette journée, on listera les questions à se poser pour conjuguer le futur de la santé au mode performant et solidaire. On repérera des intervenants. On réfléchira à des partenariats. On imaginera aussi des moyens de rendre participative cette manifestation. La gageure est importante vu la configuration du théâtre de l’Odéon.

On compte sur vous. Et si vous êtes en relation avec des plus jeunes, faites leur passer le message. On ne peut pas inventer sans eux la santé de demain.

Pour en savoir plus et vous inscrire, c’est par ici.

 

 

Au cours de mon exploration sur la santé demain, j’ai mis dans mon panier quelques réflexions. Je vous les livre brute de fonderie.

Ca explose

En ce moment, on a vraiment l’impression que des millions de cerveaux sont en train de gamberger pour révolutionner la santé.

Cette agitation se traduit par exemple par une avalanche d’applications santé et des montagnes d’objets connectés.

Dans le lot, il y a quelques pépites comme Scanadu. Inspiré du tricorder de Star Trek, ce scanner de poche mesure la température, la fréquence cardiaque, la pression sanguine et quelques autres données en plaçant l’appareil sur son front.

… Mais aussi des bennes de caillasses sans grande valeur. Des millions de développeurs rêvent de faire fortune avec trois conseils pour arrêter de fumer et se bouger les fesses ou avec des bracelets, tee-shirts, montres, casquettes qui comptent les pas avec une fiabilité douteuse.

Ca bouge aussi dans le traitement des données produites. Là le rêve du startuper est de créer une banque de données santé qui regrouperait les données individuelles, celles des médecins, des hopitaux, des laboratoires, du ministère…

Même si peu ont les moyens de leur ambition, le rêve est intéressant. Sa réalisation aidera par exemple à passer d’une médecine curative à une médecine préventive. Au lieu d’aller voir votre toubib quand vous vous tordez de douleur, il repéra vos risques de développer une maladie et proposera des traitements préventifs adaptés. Cela sera d’une autre efficacité que le « Fumer tue » du paquet de cigarette ou l’injonction à se gaver de fruits et légumes.

PUBLISHED by catsmob.com

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 Qui va mettre le feu aux poudres ?

Dans les années 90, Paul Watzlawick, un chercheur de l’école de Palo Alto, définissait deux types de changement.

— Le changement de niveau 1 qui se joue à l’intérieur d’un système. Un élément se modifie sans perturber l’ensemble. C’est le principe du changement de vitesse et du « plus ca change, moins ca change ».

— Le changement de niveau 2 qui marque une discontinuité, une rupture, un saut par rapport au système précédent.

Pour l’instant, si, dans la santé, le changement de niveau 2 est annoncé, il n’est pas encore effectif.

Qu’est-ce qui va le provoquer ? Comment le système de santé va basculer ?

Si je ne suis pas Madame Irma, plusieurs indices montrent qu’il pourrait venir de personnes extérieures au système de santé. Quelques exemples.

  • Avec un peu d’ironie, on peut admirer la qualité des freins à l’innovation dans le système de santé. On le constate par exemple dans la mise en place du dossier personnel informatisé. Il a tout à parier que les experts vont continuer de longues années à faire leurs ablutions au principe de précaution. Pendant ce temps, des start-ups lancent des plateformes comme Patients know best  qui permettent de mettre son dossier médical en ligne. (La vidéo de présentation). Vu l’évolution des rapports à ses données personnelles, il a fort à parier que ces Facebook de la santé vont se généraliser.

 

  • Oussama Amar des Barbares attaquent a fait une conférence sur le thème : « Comment faire une start-up santé ? https://www.youtube.com/watch?v=YAJmHBwq-y8
    Il explique les écueils de celles qui sont créés par les gens venant du sérail. Elles veulent faire sérieux en créant des staffs dignent des grands laboratoires, déposant des brevets, ayant des productions graphiques sinistres. Bref, elles singent les grands et perdent en créativité. Ceux qui ne connaissent pas les règles du milieu ont beaucoup plus d’audace, un élément essentiel pour réussir.

 

  • Une des grandes espérances de cette révolution est d’en finir avec la médecine de mercenaires qui détruit des individus pour les sauver. (Confère les dégâts causés par exemple par la chimiothérapie). L’objectif est de passer à une médecine personnalisée qui proposerait un traitement spécifique à chaque malade en prenant en compte son patrimoine génétique, sa chronobiologie, ses habitudes de vie…

Peut-on réellement envisager que des laboratoires ayant des modèles économiques basés sur des blockbusters (des médicaments dont les ventes annuelles dépassent le milliard de dollars) puissent avoir assez de souplesse pour changer totalement de paradigme ? Je vous laisse le soin de répondre.

Je vous retrouve la semaine prochaine pour vous faire présenter des innovations santé qui m’étonnent et m’inquiètent. Et n’oubliez pas de vous inscrire au hackhaton du 18 mai ?

Futureusement vôtre.

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