Docteur, je fais une overdose de connexion !

Docteur, je fais une overdose de connexion !

Téléphone, tablette, ordinateur… Nous jonglons avec les écrans pour lire nos mails, visiter nos réseaux sociaux, rechercher des informations, suivre l’actualité, jouer… Les sollicitations sont si nombreuses que nous sommes tous de plus en plus connectés. Cette hyper connexion provoque des addictions qui se traduisent par de nouvelles anxiétés, obsessions, phobies… Comme le disait Paul Virilio : « L’invention du navire est aussi l’invention du naufrage ».

Dans un avenir proche, le Ministère de la Santé devra sans doute prendre en charge cette boulimie informationnelle. On aura peut-être alors des campagnes du style : « L’abus de vidéos insipides tue… Consommer du virtuel avec modération. Un like, on aime. 10 likes, on se déteste… »

Pour prendre de l’avance, explorons ces pathologies.

maladiesdufutur.002Coudinite

Tendinite du cou due à des mouvements répétés de consultation d’écrans.

Selon une enquête Deloitte sur les usages des mobiles, nous sommes 28 % à consulter notre smartphone jusqu’à 25 fois par jour, la moitié des 18-24 ans s’en inquiète quotidiennement 50 fois, et 6 % poussent l’addiction jusqu’à regarder leur portable plus de 200 fois par jour. À chaque coup d’œil, le cou et les épaules sont mis à contribution : la tête humaine pèse entre 4,5 et 5,5 kg, et il n’est pas naturel de la maintenir penchée en avant de façon prolongée !

Zombiquisme

Syndrome des individus présents physiquement et absents mentalement.

L’individu atteint de zombiquisme présente une schizophrénie existentielle. Il est dans l’incapacité à communiquer avec les personnes présentes dans une pièce. Ne pouvant échanger qu’avec celles qui sont à distance, il ressemble à un zombie.

Trodelilke

Crainte existentielle d’être dédaigné sur les réseaux sociaux.

La likite est une pathologie du chiffre. L’usager des réseaux publie pour que ses contenus soient likés, twittés, instagramisés, partagés, commentés. Il vibre au nombre de favoris, partages et retweets… Si leur nombre est trop faible, il est habité par un sentiment de rejet et souffre d’une solitude morbide. Il peut alors sombrer dans la dépression.

Plubellisme

Schizophrénie liée à un embellissement de sa vie sur les réseaux sociaux.

Cette psychose résulte de la mise en scène de sa vie sur les sites sociaux. L’internaute arrange son existence être reconnu par la communauté. À force de gommer ce qui est a priori moins reluisant, il finit par disparaître. Quand il se retrouve face à ses médiocrités existentielles, il ne peut plus composer avec elles.

Loghoclicque

Trouble lié à un partage frénétique de contenus

Le loghoclique est une forme de logorrhée. La personne parle en partageant en flux continu toutes sortes de contenus depuis plusieurs comptes. Ces excès provoquent un rejet de la part des communautés qui mettent le bavard sur liste noire. N’ayant plus de public, l’agité du clavier sombre dans un silence dépressif.

Décérobrite

Perte d’intelligence due à une consommation abusive d’informations insignifiantes.

L’usager des réseaux sociaux a une tendance à avoir une boulimie de contenus. Il consomme à longueur de journée des infos insignifiantes, médiocres, sans intérêt. Cette absence d’hygiène mentale fait que son cerveau est mal irrigué. Cette dégradation s’accompagne d’une conséquente augmentation de la stupidité et de la bêtise.

 

Claustorisation

Repli sur soi lié à la crainte de manquer des informations sur les réseaux sociaux.

La claustorisation vient de l’avalanche permanente d’informations. L’internaute a l’impression qu’il va manquer quelque chose d’essentiel s’il se déconnecte. Sa vie sociale est hachée, car il est happé en permanence par le réseau. La déconnexion, aussi brève soit-elle, produit un stress intense.

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Nomophobie

Peur de ne pas pouvoir utiliser son mobile.

La nomophobie vient de « no mobiIe phone phobia ». C’est la phobie de ne pas pouvoir utiliser son portable. Mauvais signal, niveau de batterie insuffisant, téléphone introuvable… Ces aléas provoquent des agitations chez les utilisateurs dépendants qu’ils ne peuvent soulager qu’avec une perfusion de connexion.

Bleuite

Pathologie liée à un excès de lumière bleue par les écrans.

L’exposition prolongée à la lumière bleue des écrans engendrent des dommages à la rétine. Elle trouble aussi la synchronisation de l’horloge biologique et les fonctions biologiques. Ces perturbations entraînent des dérégulations du sommeil, de l’humeur et des neurotransmetteurs impliqués dans la mémoire.

 

Sursokinson

Nervosité consécutive à l’arrivée permanente des notifications.

Sur les ordinateurs et les téléphones, l’arrivée d’un message et les alertes déclenche une sonnerie, une vibration, un signal visuel. L’internaute est en permanence interrompu dans son travail par ces notifications. Ces ruptures empêchent la concentration et crée agitations et angoisses.

 

Détailotox

Intoxication de la mémoire par abus d’éléments anodins enregistrés.

Avec l’augmentation de la taille des disques durs, on peut enregistrer et retrouver tous les tous les événements de nos vies. Des adeptes de la conservation se perdent dans des détails sans importances et n’ont plus de souvenir d’événements importants. Ayant perdu la capacité à oublier, ils sont empoisonnés par de l’insignifiant.