Le biologiste Jacques Testart est dubitatif. Il pense que les transhumanismes ne voient que la face positive de la démarche et oublient qu’il y a toujours dans le même temps des aspects négatifs :

« Nous avons été capables de construire d’énormes barrages et des centrales nucléaires, de multiplier le rendement des cultures, de nous déplacer à des vitesses incroyables, d’inventer des molécules surpuissantes, de tripler l’espérance de vie… Dans le même temps, nous avons inventé ou aggravé les inondations, la dissémination radioactive, la disparition des abeilles, les accidents de transport, les maladies chroniques et neurodégénératives, etc. Il semble plus difficile de maîtriser les effets de chaque innovation que d’en inventer toujours de nouvelles.

Or, les transhumanistes nous promettent des bouleversements complets qui concernent nos corps, leurs relations entre eux et leurs relations au monde. Et ces propositions exaltent l’exploit en ignorant la complexité et l’aléatoire.

De quels drames seront payés les bouleversements transhumains ? Ceux qui les proposent ne s’intéressent pas à la précaution, mais seulement à la performance. »