Les chercheurs s’attaquent à l’arrêt de la division cellulaire, cause de notre vieillissement.

Comme les cellules ne divisent plus après 60 bonnes et loyales divisions, l’idée des chercheurs est de faire une cure de jouvence à ces cellules sénescentes en les reprogrammant en cellules pluripotentes.

Les cellules pluripotentes (plusieurs possibilités) sont les cellules de base de l’organisme. Elles sont analogues aux cellules souches naturellement générées lors de la phase embryonnaire. Elles présentent tout à la fois la capacité à se dupliquer très vite, ainsi que l’aptitude à devenir n’importe quelle cellule spécialisée de l’organisme (peau, cheveux, os…). Elles se distinguent des cellules unipotentes qui sont spécialisées dans une fonction.
Pour cette reprogrammation cellulaire, la course est lancée.

Les généticiens japonais Kazutoshi Takahashi et Shinya Yamanaka ont réussi en 2006 cet exploit en reprogrammant des cellules spécialisées, en l’occurrence celles de la peau. Des chercheurs français, de l’Institut de génomique fonctionnelle à Montpellier, ont eux aussi réussi à reprogrammer in vitro ces cellules fatiguées.

Ces travaux laissent entrevoir la possibilité de guérir des patients âgés, en régénérant leurs tissus malades à l’aide de cellules prélevées sur leur propre organisme.

Une équipe japonaise de l’Institut Riken dirigée par Masayo Takahashi a réalisé en septembre 2014 une première intervention chirurgicale d’implantation sur l’homme de cellules créées à partir de cellules reprogrammées appelées pluripotentes. L’intervention a consisté à implanter dans l’œil d’une patiente, une femme de 70 ans, un film de cellules pluripotentes issues de cellules adultes de la peau du bras de cette personne. L’objectif est de traiter une des formes de la maladie oculaire appelée dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), qui est la première cause de cécité des plus de 55 ans dans les pays industrialisés.

Si le processus est lancé, il faut que l’eau coule sous les ponts pour passer de l’éprouvette à l’application humaine.

 Bricolage génétique
L’autre voie pour le rajeunissement est de s’attaquer aux gènes.

Les chercheurs ont repéré le gène qui influe sur la longueur de la mèche protectrice des chromosomes (ou télomère). Il produit une enzyme, la télomérase qui ralentit le raccourcissement des fameux télomères. Une insuffisance de télomérase chez les patients porteurs de mutations géniques conduit à une diminution de la longévité. L’idée logique est donc d’augmenter la fabrication de télomérase en dopant ce gène nommé « gène de la longévité ».

Le principe est posé, les chercheurs travaillent pour l’instant sur des vers.

Ceux du Buck Institute for Research on Aging basé en Californie ont effectué des mutations génétiques sur le Caenorhabditis elegans, une espèce de ver. Les résultats sont concluants. Sa durée de vie a considérablement augmenté.